f
itl
I
«
îiC
ffi
i
i
X-
» A
S
i
M'
î
S
*1
• - •• -f >
*. M
^ >
Itf.'
■f"\
iA TOIRCE O
MANIERE
.
DE SE RÉCRÉER
AVEC LE JEU DE CARTES
NOMMÉES_ TAROTS.
Pour fervir de fécond Cahier à cet Ouvrage.
Par Etteilla,
A AMSTERDAM,
Ecfi trouve A B A R I 9 y
Chez,
L’Auteur , rue de la Verrerie, Hôtel de Grillon.
Les Libraires indiqués au pre- mier Cahier.
9
iV- B* Volumes de cct Ou-
vrage ne finiffent que lorfqu’on lit fur les dernieres pages Fin. S'il y a quelqu’ajoutés après ce mot fin, le Volume n'cft pas corn- plet î & pour que l’Ouvrage le fou , il faut en tout neuf Cahiers, dont deux dans le premier Volume , deux dans le fécond , trois dans letroifieme, & deux dans le quatrième, ornés de neuf prinçipalcs Eftampes.
U prix de chaque Cahier complet,! 1. lof.
% ïé <5^> ï(
l’«»==ffa2!?SSS::^^
1 - ,
^c=!ÆZfe>=3i==<lî=£:r^^j^ -tfgfcajgae ^xsx^
MANIERE
DE SE RÉCRÉER
AVEC LE JEU DE CARTES
NOMMEES TAROTS.
KjE Tcms , comme je l’ai die, ayant refpecié les feuillets du Livre de Thot ^ & celui ci , comme un autre Giges , s’étant rendu invifible aux yeux de cette Mégère , l’Ignorance , qui incita les cruels Omar, Dioclétian , & autres, à brûler les précieux Manuferits des Anciens, pouvoir- on prélumer que cet Ouvrage avoir encore des ennemis à appréhender t Oui ; fi on veut réflé- chir combien l’infidieulè Ignorance eâ acharnée contre les hommes , fous le
Ai)
(4Î
(pccicux prétexte de vouloir les guider plus certainement au vrai bonheur, que la Science Sc la Vérité,
Chez les premiers Egyptiens , le Livre de Thot étoit répandu dans toute la Nation i c’étoit le principal tréfor des Peres de famille , ( comme la Bible chez les Juifs , le Nouveau Tejlament chez les Chrétiens , le Coran chez les Turcs , le Confufius chez les Chinois , &c. ) qui en lifoient tous les jours le fens littéral à leurs enfans & à leurs domeftiques , lorfque recueillis eux- mêmes dans la folitude, ils tâchoienc de pénétrer celui qui étoit myftique , foit égard à leur Religion , ou à la Divination , ou à la Médecine univer- felle , & enfin pour reconnoître le vé- ritable efprit de toutes les Sciences 5c de tous les Arts , qui eft la gloire des Souverains 6c le bonheur des Peuples.
Les Mages ayant vu que les hommes fe corrompoient , crurent devoir faire un amufement vulgaire du précieux livre de r/5p/,'pour deux raifons ,
. (!)
dont la première étoit de ramener fans celTc les Peres de famille &: les fils aînés à la vertu ; ôc la (econde , afin que cc précieux Livre fe répandît chez tous les Peuples & dans une longue fuite de fieclcs.
La Vertu une fois délai (Tée , du tems meme des Egyptiens , 5c le Peuple ne confiderant plus ce Livre que comme un jeu , il devint bientôt un objet d indif- férence J quant aux Sciences qu’il ren- fermoit , & un de grande relTourcc pour ceux qui vouloient perdre leur tems; mais en multipliant les copies, on négligea de rendre les originaux.
Ce Livre , comme tout ce qui avoir été chez les Egyptiens , pafla chez les Grecs ; de ceux-ci , chez les Arabes , qui les portereht avez eux dans toutes les Nations, les uns comme un Livre de Philofophie , 5c les autres comme un fimple jeu ; ainfi les Philofophes 5c les ignorans y trouvèrent ce qu’ils re- cherchoient , les uns la fagelTe , 8c les autres la folie , fuivant l’intention des
A iij
(C)
Mages, qui avoient prévu ce que nous dirons ci-aprcs.
Un très-petit nombre de Sages qui parvinrent à entendre le Livre de Thott y lurent qu’il leur ctoit exprelTément défendu d’en communiquer les clefs aux Ignorans , & même de ne point dire qu’il renfermoit toutes les Sciences humaines ; auffi de-là le (îlence abfolu 6: perpétuel qu’ils ont gardé , fi on en excepte quelques Modernes , tel que Duchefne^ fieur</tf La VioUut^ qui en en ayant des notions, a encore eu.cgard de ne le ranger qu’au nombre des pafle- tems agréables,
Grégoire de Tours , ainfi que . . . , •
condamnent la maniéré
d’en tirer des oracles , parce que fans doute quelques Ignorans ayant vu confultcr ce Livre par des Sages , en faifoient un abus ; car il n’eft pas croyable qu’en ne fuivant que les prin- cipes que )’en donne , on puidc ranger cela au nombre des fuperftitions , puif- qu’en fait de ruperftitions , il faut.
(7)
comme je le dis ailleurs , que la Reli- gion y foie pour quelque chofe , & non la crédulité, qui , en fait de Science 5c Art y n’a rien de relatif à la Religion.
Ceci demanderoit une dilTertation plus étendue ; maisje vais au fond , en dilânt que je ne crois à la Divination qu’en tant que je làis deviner i & fi je n’ai pas la Science de deviner , je ne crois pas à la Divination : or la Reli- gion , n’importe de quel pays , eft inconteftablcment ici pour rien.
C’eft un peu avant la décadence des Romains que ce Livre , comme jeu , devint moins fuivi ; on ne trouve pas , il efi vrai , qu’il le fût davantage auparavant ; mais (ans feu le Maître de Ü Antique , il eût pu être que dans deux ou trois ficelés on eût ignoré que ce Livre , comme jeu , avoir été en vogue dans tous les ficelés de notre Ere -, 5c finalement , que les Améri- cains , à qui nous faildns palTer de ces Cartes depuis un peu moins d’un demi- fieclc , fe fuflfent figuré , l’Europe même
A iv
(8)
alors ic croyant, qu’ils en étoient les inventeurs.
Si nous n’avons que de légères preuves de ce que nous avançons , à l’égard de ce que ce Jeu étoit familier "aux Romains , nous avons de forts foupçons qu’on n’en a pas de plus grandes du contraire ; & qu’en fup- pofant que l’on voulût faire chez l’E- tranger quelques recherches , que ce qu’on en pourroit trouver viendroit à l’appui des fufpicions que nous tirons des nouveaux hiéroglyphes que l’on a mis dans le Livre de TAot,
JI n’en eft pas de même quant à l’origine de ce Livre. Nous l’avons amplement démontré dans fe premier Cahier, 8c Meffieurs les Antiquaires voudront bien , pour ce qui les con- cerne , achever ce qu’en a commen- cé le Maître de V Antique ; c’eft-à dire, fuivre les traces littéraires des hiéro- glyphes, tels que ceux qui ont pour titre le Monde , l’Etoile , le Soleil , le Ciable , la Prudence , ainfi des autres
C? )
qui fubdAent en leur entier, d’autres qui font abâtardis , & d’autres que je remets tels qu’ils étoient chei les Egyp- tiens , dont , de bon compte , j’en offre quatre , Jupiter, l’Empereur, l’Impé- ratrice & Junon , laidant à M, de Gé^ belin la Prudence, qu’il a remife ; mais lui ôtant totalement les deux faux hié- roglyphes qu’il a approuvés , & l’Art du Cartonomancien , certifiant que fa maniéré de tirer les Cartes eft abfolu- ment fauffe A: impraticable j au furplus, elle n’écoit point celle des premiers Egyptiens , dont j’indique la feule & unique route. Revenons.
L’Ignorance , car c’efl: toujours elle qui conduit au mal , infinuanr indiffé- remment Ibn caradere dans différens hommes, a d’abord troublc'l’ ordre des nombres i & non contente de ce crime, qui ne lui paroifToit pas alTez grand pour fe venger de ce que Tes honteux profélites n’avoient pas fu reconnoîcre que le Livre de Thot étolt la fource de ces milliers de volumes livrés à la
( le )
voracité du feu , l’Ignorance enfin z Ciîàcé du Livre de T/iot le premier feuillet , coté numéro i , qui repré- fentoit , comme on le juftifîe par les numéros 9 , 10 , 1 1 & 1 1 , une lu- mière environnée d’un nuage épais , ou le chaos qui fe rcfouloit fur lui- même pour faire place à la Vérité , au moment que le Créateur manifeftoit (a gloire & fa bonté fouveraine aux Créa- tures de tout l’Univers qui fommeil- loient ôc fomrncillent encore dans fon intelligence : vérité allégorique ) bien digne de nos, premiers Maîtres,
Cette allégorie, jadis N°- i , fut cotée N®. V ; au lieu de l’emblème d’un Moteur unique, une lumière pure, i’aôrcufè Ignorance fît d’abor'd mettre fiir cette lame un Jupiter, enfuite un Pape, & en troifieme lieu un Spadaffin *, erreur qui ne nous fembleroit que ridi- cule , fl ces lames réunies ne nous of- froient pas un Livre précieux , conte- nant route la Philofophie des premiers Peuples de la Terre, vue d’après une
( M )
inondation fur au moins la moitié dit Globe , fi on ne croit pas devoir la ju- ger générale.
Après ce caraélere Divin , vcnoient les fix allégories offrant les fix jours de la création univerfelle de tous les ikfondes, peuplés de Créatures, fuivant les lieux ^ les Globes qu’elles habitent-, ce fentiment étant non feulement celui des Philolbphes , qui ne la bornent point au petit point de terre que nous occupons , mais celui de tous les Phy- ficiens , qui font d’accord que le Soleil eft l’inftrument dont fe fert le Créateur pour faire éclore la vie de tous les Êtres j ôc comme le Soleil fe porte fur tous les G'obes de notre Univers , & que ces Globes ne peuvent être autre que des matrices propres à recevoir la vie , que l’on compare à un fluide qui contient & tranfperce la Nature entière, puifqu’elle efl le vrai efjDrit du Seigneur j le Soleil dès - lors vivifiant tous les. embrions, il s’enfuit que tous les Globes fout néceflàirement peuplés , ou ils ne
A vî
( »o
font pas matrices , ce que Tordre de toutes chofes démentiroit : Tor , & même le charbon , étant des matrices , dès rinftant que la Nature ou TArt les a animées ou revivifiées.
Le fécond feuillet du Livre de Thot portant cfïèdivement le nombre de i dans ma Traduélion , & non celui de XVIIII , avoir , fuivant les Anciens , & a à préfent par nos études , un fécond nombre , qui eft aufîi z , & enfin un troifieme nombre , qui efi: i : il en eft de même des autres lames , feuillets ou cartes j ce que nous expliquons entiè- rement dans le Supplément au troifieme Cahier, pa^c 97. Mais voici un autre objet plus intclleéluel qui fe préfente en lifânt attentivement le Livre de Thot.
1 eft immuable •, mais pour aider à Tintelligence des Difciples , les Egyp- tiens nous inftruifent qu’il faut fouvent le confidérer comme nombre 1 z , ainfi Z comme î 1 , & comme étant ]c nombte 1 o > mais le Tableau que voici aidtra à entendre , notant pour-
tant qu’il n’crt: ici qucflion que d*inteî- ligcnce humaine j car en tant qu’intct» ligence Divine, i fe reportcroit à la,
&.C. (i).
I. 2. 5. 4. 5. 7. 8,9.10.1 1.Il.
12.11.10.9.8. 7*^*5«4»5*
Ce fécond feuillet , coté numéro 2 , offre pour allégorie un Soleil. Si nous faifons graver ce précieux Livre , nous démontrerons 1 ?. que les Affres dû- rent être les premières allégories des Anciens j 2®. que nous avons rendu jufte les quatre Vertus Cardinales , mifcs chacune à la tête d’un volume ; &: que nous expliquons plus inié-
lieuremcnt que fuperficiellemenc les allégories qui ont été propres aux hautes Sciences.
(i) 1 1 cft humainement le ligne du Péché •, mais divinement , il doit être le figne de Pureté, Prenez donc garde , en fuivant la vraie Science des Nombres , à la vérité Sc au menloHge , ou au bien 8c au mal. Si vouy êtes atteutif . vous ferez encore iaftruit fur cc fujet par une autre Note.
( T 4 )
Ce fécond fcuilier,con^me nousl avons dit , porte auffi le nombre i » quant aux fix premiers jours de la création : la lumicre fut nommée jour , & les te~ nehres nuit ; & il porte le nombre i » le Feu , fécond Elément.
N**. 3. Le troifieme feuillet a pour allégorie la Lune , porte le ntjmbre 5 pour troifieme jour de la création , qu'elle donne fon jet \ & ainfi le nombre 1 Eau y premier Elément.
N°. 4. Le quatrième feuillet a pour allégorie des Etoiles , 6e fut par les Carriers nommé \ Etoile , parce quils y virent des Etoiles : j’explique ailleurs la figure de fon propre nom , tire de fon jour 1 de la création : étendue i le nombre de l'Elément qu’il porte e(l 3 > l’Air.
N°, 5. Le cinquième feuillet porte le nombre 6 pour fon jour de la créa- tion *, Dieu fit t Homme a fon image , tout étant alors , égard à l’homnie- phyfique , en fa perfeélion : il porte
( ir)
pour fôn Elément le nambre 4 , la Terre.
N®, é. Le fixieme feuillet offre te faux hycroglyphe d’une Impératrice i fon nombre de la création , qui peut fervir à le remettre tel qu’il fut jadis chez les Egyptiens , efl 4 , quatrième jour de la création : Dieu fit deux grands luminaires. Ce feuillet ofïfoic primitivement un Zodiaque ; & je crois , fans rejetter rien de ce que J’ai dit du quatrième feuillet , que les Car- tiers ont remis une partie de ce fixieme feuillet fur le quatrième ; celui dont nous parlons à préfent , fixieme feuillet, n’avoit point de troifieme nombre. Il faut au bas du Zodiaque y marquer l’allégorie de l’efprit des couleurs , le blanc i notez que l’on retrouve fur un autre feuillet le noir, fur un autre le rouge , & enfin fur un autre les fept couleurs , tels que la Phyfique les con- çoit : le plus intéreflànt &: le plus diffi- cile efl: de découvrir la -vraie couleur verte , celle-ci étant le centre des très.
(16)
N*. 7 , ou le feptieme feuillet du Livre de Tkot , eft aufli mal-à-propos figuré par un Empereur , que le précé- dent par une Impératrice : il porte 5 - pour fon jour de la création : Dieu créa les animaux volatils & aquatiques : il n’avoit point de troifieme nombre.
N®. S. Le huitième feuillet du Livre de Thot n’avoit , comme le premier feuillet , qu’un feul nombre ^ ce pre- mier feuillet I défignant le moment venu où la Vérité voulut fe communi- quer à toutes les âmes des trois Mondes cclcfte, intelligible & fub-folaire. Voyez ce qui nous refte de Sanchoniaton. ' Ce huitième feuillet ofifoit pour al- légorie un homme nud , au milieu d’unduperbe jardin , la Nature phyfique étant alors formelle & dans fon afpeét aftral de création , fixe , fans moiivc- ment , parce que ce huitième jour étoit celui du repos.
Cette allégorie lailToit appercevoir onze cercles , dont une orange coupéo en onze parties hdrifoucales , & vuidcc ,
( *7 )
vous rendra ce que je veux dire , po- fant la première partie fur la tête de riîonime , & la dernière fous la plante de fes pieds , de maniéré qu’il ne voyoic que neuf cercles j & pour vous aider , confulrez la quatorzième (êârion du Pymandre , traduit par François de CandalU y 1578.
Au nombre de plus de quinze cents Tableaux que je me fuis offerts pour crudier depuis vingt ans le Livre de Thot , celui-ci , dans lé difeours où j’ea fuis , m’a été très-utile.
I.
7* 5*
a Z I.
3 3
8.
5». . .10. . . . . « J I . . 1 Z.
13 14-
' Je parle ailleurs de ce précieux jour
(iS)
de repos , & des quatre allégories 5 »
1 O y II & II.
«i^prcs que les âmes eurent palTc » fept jours dans une prairie , ( y cora- ** pris le jour qu’elles y arrivèrent ) où " elles croient appellées pour être ju- >» gées, elles en partirent le huitième , »> & furent quatre jours en marche ; »» alors elles virent une lumière. Le » treizième jour , elles rccommence- » rent leur marche j & enfin le quator- « zieme jour , chacun fut rendu à fa >* deftination ». Peut-on , lorfqu’on a les plus légères notions de la ledure du Livre de Thot , mettre en doute que ce précieux Livre fur connu des Grecs , qui n’ont pu copier ailleurs cette fuite de métaphore ? RepafTons un peu difîerens feuillets.
L’Ignorance a mis , comme nous l’avons dit , fous le nombre V le feuillet qui éroir coté 1 : elle a effacé ou trouvé cfiacé par la vétuflc des peintures , les nombres <5 <5e 7 , qui fe reportent au quatrième & au cinquième jour de la
(19)
eréarion , & a mis en place dü nombre 6 celui de III , & en place de celui, de 7 le nombre IIII , donnant le pas à rimpératrice ; & fi l’on veut , comme Ta dit M. de Gibelin , prendre les nom- bres en rétrogradant , en donnant le pas à l’Empereur fur Jupiter , celui-ci portant V & TEmpereur IV , on voie que l’Ignorance n’a pas mieux réuiîî : mais il eft mieux d’être perfuadé que les Egyptiens ont compofé cet Ou- vrage fuivani l’ordre progrefïïf des nombres. que nous admettons ; &: pour nous en convaincre , il Tuffîra de pofer les lames fuivant leurs vrais nombres primitifs , après avoir fait palfcr ces lames fuivant l’ordre des nombres que leur ont donné les Carriers, ou ceux qui les ont précédés.
Les Egyptiens avoient fans doute tiré de que la création avoir été faite en fix jours : or, il efi donc pro- bable qu’ils n’en omirent point deux , puifque l’on en voit quatre", <5c que ceux que l’on a fouflraits , le quatrième
&: le cinquième , font de toute nécef- fité , en ce que ces quatre qui rubfiftenc ne remplilTent pas, meme moralement, l’idée de la création parfaite.
Le Livre de TAot pada , par fucceP- fronde rems, d’une Nation à l’autre. Les Grecs , les Arabes ou les Romains changèrent (ans doute le premier hié- roglyphe , mettant en place de la lu- mière que nous avons dit , un Jupiter, & ainfi , par fuccelTion de tems , en place de celui-ci un Pape , & enfin un Spadaffm ; notant que je viens de voir un Jeu de Cartes fabriqué à Colmar , en Alface^ où le Cartier fùpplée encore à ces trois faux hiéroglyphes par une figure repréfentant l’Hiver , & le hui- tième offrant le Printems.
. Si on pouvoir douter un inffant de tous les contrefens qui ont été mis de- puis les Egyptiens dans ce fublime Ouvrage , il ne faudroit , pour s’en convaincre , que s’attacher fimplement à ce qui heurteroit nos connoiOfances vulgaires 5 & ainfi en paffànt un peu
( »» )
plus loin que ces connoilTances , nous accorderions facilement à la fcience de feu M. <U Gibelin plus qu’à la fubtilicc de fon génie f i ) , ce qu’il nous a té- moigné de ce Livre , qu’il renfermoit généralement toutes les Sciences (i). Les Carriers ne voyant qu’un des pieds de la Prudence pofé à terre , ils fe font figurés que c’étoit un homme pendu par un pied , ôc d’autant mieux , qu’ils découvroient encore les veftiges d’un ferpent, qu’ils prenoient pour une corde : de ce faux Jugement , ils ont établi une poutre en travers ; & failant tomber la tete en bas , ils ont peint les
(i) Cardan nomme fuhtilité de génie ^ une infufion de la Nature , ainfi que la fubtilité du corps cil une flexibilité naturelle des nerfs.
(i) Si le Maître de l’Antique n’eût pas eu de condcrcendancc pour les faux préjogés des Savans vulgaires, il ne s’en feroit pas tenu aux Amples démonllrations extérieures de ce précieux Livre , il l’auroit ouvert comme nous failbns , & fon intelligence eût évalué notre foiblc fcience dans les Hautes Sciences.
( Il )
cheveux dans l'ordre d’une pofitlon fi effroyable.
Ils voyoient y dit M. de Gibelin , trois Vertus, il falloir donc la qua- trième ; & il démontre folidcment » dans l’article des Tarots , inféré dans fon huitième volume du Monde primi- tif y que la Prudence croit repréfentée debout , polce fur un pied , & l’autre dans l’intention de former fon pas ; c’eft, dilons-nous bonnement, un homme qui ayant levé un pied pour marcher , confidere prudemment où il va le placer , ce qui fuppofe une grande prudence , fi cet homme eft environné de reptiles dangereux , fur-tout s’il les ofiènfe.
Si nous avons reconnu le mérite de feu M. de Gibelin , de fon vivant , ôc nous ofons le dire plus que plufieurs autres , en lui offrant publiquement une Epître inouïe , nous lommes bien éloignés d’avancer quelque chofe qui lui déplairoit , s’il vivoit encore : nous continuerons donc de dire , aux mânes
( 15 )
de cet illuftre Savant , que puifqu’il a vu au premier coap-d’œil qu’il man- quoit une des Vertus Cardinales, qu’il n’auroit pas dû recevoir la création de. rUnivers imparfaite i & que s’il eût examiné un tant foit peu plus qu’il n’a fait, qu’il auroit reconnu Charlemagne Sc fi femme , . . . . nous ne difons pas à leur phyfionomie , mais à la phyfio- nomie des attributs de ces deux faux hiéroglyphes.
Au lieu de Tri-Mercure, qui ordonna le Livre de TAo/, les Carciers l’ont jugé , au bâton qu’il tenoit , un Joueur de gibeciere ; & ne découvrant plus que le nombre ou chiffre i , de 15 en arabe qu’il portoit jadis , ils ont coté ce feuillet i , le mirent par con- féquent auffi mal -à -propos en com- mençant , qu’il le feroit en finiffànt.
Ce Mercure, Souverain alors de toute l’Egypte , & premier des Mages , avoir indilpenfablemcnt une verge dans fa main droite (i) , la gravure en bois
■ ' " ' ’ ' ' ' ■■■•'. ’■ •T ” ' r ' . '.!J«
(i) Ce qu’imiterent les faux Magiciens ,
(»4 )
l’a reportée , bien entendu , fur le bout de Tes doigts gauches ; fa main gauche étoit appuyée fur (à poitrine , la droite cfl: à préfent fur fà poche : ils lui ont fait un chapeau rond à la de pic renyerféf c’eft -à-dire , voulant voir & n’erre pas vu : il avoir une elpcce de thiare comme les Patriarches , ils lui ont mis un acoutremenc gothique , te- nant encore un tant foie peu des Ca- pitaines des Bandes chez les Romains : il avoir un vêtement de Mage ou Sou- verain Sacrificarcur -, derrière lui croit un T , ligne de vie , excédant la hau- teur de trois fur dix , ils n’y ont rien mis : fur le centre de la ligne diamé- trale , il faut un point.
Devant Mercure étoit cfFeéiivement une table ; mais elle étoit jadis à hau- teur de (a poitrine : en place du Livre
& par fuite, les Charlatans , & enfin des hommes dans différentes charges. Une verge ou baguette dans fa main , eft le hiéroglyphe du premier dr du plus grand honneur ; Sc au contre , lorfque le perfonnage eft fenfé un homme d« rien ou d’un vil état.
de
( M )
de Thot, qui étok defTus cette table , ils ont mis une boîte de Charlatan -, (ur l’aune côté de la table , ils ont lailfc fubfifltr un vafc , mais ils l’ont' geint comme étant de verre , & ont ajouté à côté une boîte d’orviétan. XlKèz lés premiers Egyptiens , il y avoir effedli- vement un valé , mais il croit de terre blanche , & rempli d’une liqueur cé- lejle ajirale , compofée d’un tiers de miel fauvage , d’une part d’eau ter- reftre d’une part d’eau célefte ; ces trois parties formant le nombre de 4 monté à 12 , dont l’eau du c.el étoir y & celle de la terre étoit 7.
Ils ont mis 'fur cette table , on le préfume , des racines \ il n’y en avoir pas. On fuppofe de meme qu’ils y onc voulu mettre des jettons ou de petites balles de liège ; c’étoit jadis dix an- neaux , rangés en cette (brte i , a , j , 4. Ils ont mis des brins d’herbes fous la table pour celer leur ignorance ; cela devoir naturellement être.
Le coftume de ce Sage étoir à-peu-
B
(26)
près celui des anciens Patriarches , ceï luppofé que Moyfe \ car le Prophète du Seigneur ne changea de celui des Mages que quelques attributs , que lui avoit (ans doute inlpircs l’Eternel ^ afin que le Peuple de Dieu fît la diftinélion de Mcyfe ôc de fon frere Aaron , & Autres f d’avec les Prêtres idolâtres , c*cft-à-dire , de ceux qui , quoique craignant le Seigneur , n’avoient pas reçu fa Loi , depuis fa jufte colcre au moment du déluge.
Pour les quatre Vertus Cardinales , dont les Ignorans n’en remarquèrent que trois , ils ont placé celles-ci ; la Jufticc , au nombre 8 ; la Force , au nombre i i -, la Tempérance, au nom- bre 1 4 ; & enfin leur Pendu , ou mieux la Prudence , au nombre i z. Qui ne fenr pas que la Force , dont ils décou- vrirent parfaitement le nombre i i , demandoit la Prudence au nombre 1 1 i & de cette conféqucnce , il en réfulte que la Juftice étoit aufïï mal placée à 8 , que la Tempérance à 14 } ces quatre
(i7)
Vertus devant fcfuivre de s’entrelacer, comme je l’ai fait dans l’ordre où ils font dans chaque volume , où ils fer- vent de titre.
Non feulement les nombres ne font plus fur les feuillets où les Egyptiens les avoient placés , des hiéroglyphes en- tiers n’y font plus du tout j mais même dans les hiéroglyphes qui fubfîflenc encore , on y voit des omifîîons, des ajoutes &c des correéfions qui donnent un travail incroyable pour remettre le tout tel qu’il a été.
Pour nous retrouver un peu dans cette confufion , nous avons commen- cé par mettre tout le Livre fous nos yeux , ne perdant pas de vue les pre- miers principes qui nous en avoient été donnés : cela fait , nous avons pris Itrois feuillets à la fois; & ainfi pouvant iremettre le premier par les deux fe- feonds , qui étoient encore exiftans , uîous avons corrigé le fécond par le ]prcmier, de le troilieme par le fécond , icn apportant devant nous le quatritnie ,
Bij
(i8)
de manière que les nombres font de- venus d’une facilité incroyable à mettre en place.
Nous avons donné au premier feuil- let tput ce qui eft à Tunité , au Moteur Divin , {ùivaiit nos connoilîànccs hu- maines j & ainfi paiïànt d’un feuillet à l’autre , nous • avons été jufqu’au foi- Mante-dix-huitieme : enfin , nous avons fait , depuis vingt ans , tout ce qui nous a été pofîîWe, ayant même été aidés par de vrais Philofophes , quant à l’in- térieur de ce Livre ; mais tous nos travaux n’ont fait qu’effleurer ce qu’il renferme.
(Les faux Savans avoient entendu dire que le nombre ou figne de mort étoit I ; ; en conféquence , ils ont coté la Mort i 5 . Mais ce Livre prend l’homme dans fâ création , & il efl re- connu c^Adam ne fut point fûjet à la mort au nombre t 3 , mais à celui de I 7 comme je l’explique ailleurs : or , c’écoit les feuillets qu’il falloir coter, & non fuivre la vérité de la mort au nom-
( )
bre 1 5 , dans laquelle nous avons re- tombé depuis Adam.
On a ôte difîerens accefToires , que les hiéroglyphes exigeoienr , & en leur place on a mis de pétites herbes , des fleurons &c des cartouches ; enfin on a falfifié ce précieux Livre, que mille marcs d’or n’évalueroient pas.
C’eft en ne confidérant le Livre de Thot que comme un Jeu de Cartes , que l’on peut être infenllble ; mais fî on le voit propre à nous éclaircir de tout ce qui nous intérelTc fur les tems primitifs , il fera peu de perfonnes qui ne participent à nos chagrins fur cet objet , & plus aux chagrins qu’il a toujours occafionnés en l’état où il eft , a-.'.x hommes inftruits d’une partie de ce qu il a du contenir ; tel fut le Maure de ü Antique. .
Ces hiéroglyphes étoient une écri- ture courante , dont le fond n’étoit connu que des Sages, ce fond étoit, nous le répétons, les plus hauts myfleres des trois Sciences humaines , qui ne
B iij
(!o)
doivent point être prodiguées, C’eft encore ainfi qu’aujourd’hui les Philo» 'fophes , & même beaucoup d’hommes bien dignes de le devenir , écrivent fous deux feus , l’un vulgaire &: l’autre myflique, pour s’éviter des tribulations , ou ne point femer des perles devant les pourceaux.
Pour nous convaincre que les Car- tiers ont renverfé tout l’ordre du livre de Thot t il faut examiner phyfique- ment les vingt-deux premiers hiéro- glyphes. Ayant vu que c’eft abfolument une galerie , dont chaque fujet prend la place qui lui cft propre , on convient fur- le- champ de l’ignorance de ceux -qui ont tranfpofé les nombres •, & au çontre , les nombres mis dans leur vrai ordre , on eft forcé de convenir que CCS tableaux n’ont point été faits à l’aventure & fans nul dedein. Mais apres avoir offert les nombres que les Egyptiens y ont mis , & deffous ceux des Carriers, nous expliquerons ces deux galeries , commençant par celle
( w )
des Carcîers , que nous ferons obligés de chtr^er an peu fi nous voulons en fortir.
!• 1» 4* 5*
V. XVIIII. XVIII. XVII. XXI. III.
7» S. 9. I O. 1 1. 1 I 1 4*
nu. II. viii. XIV, XI. xii. vi. xv.
I J. I 5. 17. 18, 19. xo. xr. O,
I. XX. XIII. VIIII. XVI. X. VII. O.
On voit facilement que les feuillets
que les Egyptiens avoicnr cotés 1,2,
3 , &c. portent V, XVIIII, XVIII,
&c. des autres.
\
Nous allons à préfent fuivre pure- ment l’ordre des nombres des Gartiers, & appeller les Cartes fuivant les nom- bres &: par los figures qu’ils leur don- nent , c’eft'à-dire , les tableaux de leur galerie.
I. II. III. IlII. V. VI. VII. VIII. VIIII. X. XI. XII. XIII. XIIII. XV. XVI. XVII. XVIII. XVIIII. XX. XXL O.
Bir
(30 '
On voudra bien remarquer que fi )’eus commencé par le numéro XXI , lorfque je fus arrivé aux numéros II & I , j’eus die que Junon alloit rendre vifitc au Bateleur j mais je lailTc aux Curieux le foin de fuivre ce faux ordre des nom- bres à contre-fens de la route que Je vais fuivre ; c’eft-à-dire , qu’ils pour- ront , s’ils le veulent , eflayer de faire parler les Cartes , en commençant de- puis XXI , ôc allant jufqu’à I.
I , le BauUur , ouvre la feene , entre chez II, Junon : cette Décrfc, contente ou fâchée , lui fait figne d’une main qu’il attende , & de l’autre main qu’elle va dans l’Olympe , où fans doute elle a affaire : le Bateleur a trop l’air de l’écouter , pour juger le con- traire de ce que nous dilbns. Junon , prête à partir fur les ailerons de fes deux paons, en eft comme empêchée par III , V Impératrice , qui , on en conviendra, regarde bien mal le Joueur de gobelets j mais au fait , pour fuivre l’ordre , l’Impératrice va trouver IIII ,,
( n )
V Empereur ^ (îégeant ; cclui-ci ayant écouté (a femme , va chez V , Jupiter ^ qui, dans Ton épouvantable colere,. jure , par. le Sryx , qu’il va foudroyer tout, ou au moins le Charlatan j- ainfi> - dit & parti , il rencontre en Ton che- min VI, L'Amoureux , fur qui le fils dç’ Vénus lance un trait...
J’avertis le LcéVeur qu’il y a ici une* interruption, dont un autre que moi; auroit de la peine à fortirj mais commet une galerie doit- être de la même fà-- mille , aidons un peu à l’hiftoire des> Carriers, jufqu’à ce qu’ils nous la ra-- content de droit fil.
Jupiter fc relTouvenant que les Char-- larans ne font pas établis dans l’Olympe,, où fon courfier le conduifok , delccndv de deflus lui , s’habille en homme" d’arme, & monte dans un charriot ,? &: de ce pas galoppe chez- VI II , lut Jujlice ^ qui écoute tout ce qu’elle civ** tend i celle-ci , moins ardente à prcndrc- les intérêts de l’Impératrice , ordônnÆ- a YIIII, un Aveugle , un Hermine dij»-
B-r/
(M)
je , de rapporter Tafîaire , après , bien entendu , avoir été aux enquêtes,
L’Hermite , Confeiller- Rapporteur dans cette affaire , jure , par fon bâton & fa lanterne , qu’il, faura tour , & fe met en route fans Secrétaire , parce qu’en ce tems il n’y en <ivoit pas -, enfin , il fait fi bien, qu’il rencontre la Houe de Fortiin:. Ici tft encore une interrup- tion ; relcvons-la.
La Juftice voyant notre Bcfacicn auffi intéreffe qu’un Pommier quipon'pe tout l’humide radical de ce qui renvi- ronne , ordonne à XI , la Force , de s’en emparer de le faire XII pendre, XIII, la. Mort , qui arriye fiiôt qu’il cft pendu , & cela eft toujours dans pareil cas; mais comme ces petites mortali- tés , faites fans fon avis , ne comptent pas dans ces tours de force , elle s’en %a prefquc auffi-tôr , en s’tmmlânt à faucher quelques têtes des Scuve tains
Maroc , &: toujours , fuivant les pei.itures , quelques dévotes “Luil'é- tiennes de. la ville de; Suasbour^ , cù.
' ( 55 )
fabricjuc encore moins mal qaViP 1-urs ce Jea des Tarots { i ).
La Mort , chemin faifant , trouve XIIII , la Tempéranee , qui lui donne un bon avis , qui e(l de tuer XV , U Diable ; mais le Diable ou le Tipkon , confeille à la Mort d’aller prompteinenc a XV^I , li Maifon-Dieu , où elle trou- vera un homme Sc une femme qu’on a jettes du grenier en bas j la Mort » n’étant pas plus prévenue qu’au Pendu, y court promptement : ici on ne fait pas fl elle les achèvera , parce que la M iilôn- Dieu baigne dans l’eau , fie que s’ils fa vent nvoger , ils ne fe noieront peut-être pas (2).
( I ) Le fieur Benoît , Cartier à Strasbourg , voudra bien remettre , ain/î que cela eft dans toutes les Fab-ique> , un Papillon fur l’arbre qui cft dans le hiéroglyphe nommé l'Etoile ^ fon pere l’ayant laiué dter par le Nurern- bergeois qui grava fes vieux moules. Le ftcur Hjrnît eft un feml- Allemand ; il n’en- rendra aucune raiibn , partant , ne diingeca rien.
(1) Tout cela a bien un autre fêns pour Ta Pùüoiopliic occulte.
(lO
La Mort (ans doute moins prefTcc' de nous avoir que nous de l’aller cher- cher , quitte ce bas Univers , pour aller dans XVII, Us Etoiles j (On prcrend que ces Mondes ne font pas encore mûrs : le feront-ils bientôt ? ] des Eto’les , fixes (ans doute , elle palTe chez XVIII , la Lune , c’eft- à-dire , chez notre Satel- lite, & de- là gagne rapidement XV 1 1 II, . le Soleil, où elle ne reûe pas j la raitbn î ce n’cfl; pas celle qu’il Toit froid ou chaud, c’efl: parce qu’elle veut promptement- aller juger que dans le Monde il y a bien de la folie..
L'fftârivement une galerie qui con- tiendroir une hiRoire de cette forte , fcrcit bien Ibttement ctampofce. Nous verrons. l’ordre des premiers Egyptiens r> mais avant , il faiu reprendre ce faux ordre dans l’efprit le plus vrai , ainfi; que- nous- venons de faire de la Carto- noinancie.- ,
Les Carriers ou leurs peres , comme dit lè loup' à l’agneaa , ayant décou- veix. trois. Tei.ius Cardinales en atten-
( 57l
d'ant ciu*on leur cnfeignc la quatrième , ont agi avec- réflexion, ou peut-etre fans y penfer: voyons.
Deflus le nombre des vingt- deux feuillets , ils en ont relevé un , la Folie ou le zéro : Cfla eft bien v ^ ont mis fept cartes à droite & fept cartes à gauche. A la huitierne du cote de leur droite , ils ont mis la Juflice *,
&: à la huitième du côté de leur gauche, . ils ont mis la Tempérance , au mi- lieu des vingt uUj la Force , & cela fans doute pour rymmétrifer la galerie (i)* Entre la Juflice , ils ont mis le Char-- riot & l’Hennite \ entre la Force , la Roue de Fortune & le Pendu entre la Tempérance , le Diable & la Mort. La réflexion à ce fujet , fi je ne me' troHipe pas , eft aflez crouftille'ule»
(i) J’ai TU un Amateur de Livres, tres- richc qui mettoi- ceux à couvertures dorées au milieu , & ceux couverts de parchemin' dins les bouts , enfin arrangés fymmétrique- nient au point que l’on eût penié que c étoif une toile pjeintc.
( J 8 )
Voyons à prcfent , toujours fuivant refprit de la Cartonomancie , à relever ces allégories deux à deux. O & I , le Fou vient voir le Charlatan : cela fe paffe tous les jours. Mais , dira t- on , pourquoi les Sages n’amufent-ils pas î II cft vrai qu’ils ont tort ; ils devrolent prêcher la morale en Charlatan , ils trouveroient fans doute des abonnési XXI &z II , le Monde va vifirer la DcelTe Junon ; cela va encore bien , Junon étant une vieille idole. XX Çc III , le Jugement tombe fur l’Impéra- trice : ceci eft un peu louche. XVIIII & IIII , le Soleil vient éclairer l’Em- pereur : ma foi ceci efl bien Mais XVm S: V , la Lune qui va voir Ju- piter , ne cadre pas.
Je (âis qu’un Interprète , comme Dorn Perneid , ne feroit pas de mon fentiment ; mais que diroir-il à XVJI
VI , les Etoiles , qui vont chez l’A- luoureux i il répoil droit que cela eft myfiiqne. Mais XVI 5: VII, la Mailon* Dieu, oui va en cairolTc l Et pourci^uoi
( 59 )
pas, répondroit-^il vivement? car les tcccs montées ont peine à defcendre. Enfin , XV & VIII , le Diable , vient . fe fourrer chez la Jufticc , pafTe ; mais difons tout de fuite , la Tempé- rance va chez l’Hermite, la Mort fur la Roue de Fortune , le Pendu rem- porte la Force.
Je ne dis pas que )e n’ai plus d’une fois gaUmaiia^é \ mais en bonne foi , ce n’a .jamais été de cette force la ; & fans préambule , palfons à Tordre des nombres des Egyptiens, prévenant que je va's être à leur egard ce que font les Cartiers au nôtre , lorfqu’ils dirigent fi (ottement un livre, qui n’a de fù- périeur à lui que la Nature même.
N O. I. La Vérité parut j car quoi- qu’elle éteit dans l’Univers & qu’elle comprenoit TUnivers , TUnivers n’étoît peint elle-mcme, mais Ton émanation > comme là chaleur qui fort de l'homme n’efi pas lui , mais ne pcuvioit pas être fans lui. La Vétité fut donc de tous les teins , &: fon émanation de tous, les
( 40 )
tems , alnfi que Ton effence , qui éfl d’elle , par elle 6c elle-même.
N®, a. La Lumière fut de l’clprit du feu divin , & par la volonté divine. Voyez le Pymandre , traàuüion citée ci~dejj'us.
N®. 3. L’humide fut tiré des eaux qui couvroient les eaux , de l’eau Ôc du feu.
No. 4 , fut tirer l’air qui étoit fixe dans le feu , & celui-ci dans l’eau.
De ces trois Elémens , agités par la volonté fupreme , fut la (corie > nommée. No. ^ , matière terreftre , lunaire, folaire, martiale, mercurienne, 5: enfin matière de tous les Globes , qui à l’inftant furent placés en leur lieu , te die quatrième Elément , nommé Terre , fur le Globe que nous habitons.
L’Eau , premier Elément , fut donné à là matière pour fon entretien ; te l’Air, tioifieme ElémiHt, au Feu pour la confervation. Ici nous avons un peu de peine à rendre toutes les beautés qui font dans l’original.
’ )
N®. 6, Fut tout ce qui eft fur la fu*-- oerficic Sc dans rintcrieur de tous les Mondes , t®ut ayant vie ( i ) en Ton çenre Sc en fon efpece ; car alors la Mort n*ctoit en aucun lieu , rien n*é- tant encore fùjct à la mort.
No, 7, fut l’Homme 5c toutes Créa- Tutes raifonnablcs ayant corps , vies & âmes dans tous les lieux habitables , iélémentes , cejl-à-dire , où les Elément '.peuvent pénétrer,.
No. S , fut le feptieme jour , qui fut Ile repos général ; car le Créateur , en ifc repofant pour contempler lès travres, itout demeura en foi & fut nommé I repos.
Nos. 9 , 1 0 , I 1 , 1 1 , la Jufliiee , la Tempérance, la Force & la Prudence furent répandues fur toute la Terre, fur tous les Mondes & dans tout l’uni- vers ; 5c les Créatures qui feules avoient une ame, trouvorent en elles la Foi , 5c l’Elpérance en Dieu, & la Charité en-
(j) Cette yic n’étolt pas encore en aâion*.
(40
vers tous les Etres raifonnablcs $c irrai- fonnables : tout des- lors eut mouve- ment.
Et les Créatures fentlrent alors qu’elles vivoient par Dieu Sc pour Dieu feul à tout jamais , pour l’adorer 5c le lervir , & Te connurent immortelles j ôc le Créateur donna aux Créatures le droit fur toutes cliofes ds leur Univers, (i elles Gtvoient leur ordonner, &: obéir en memc-tems à celui feul qui les avoir forties de Ton intelligence pour les y'’- faire rentrer dignes de lui.
No. >5. Ici commence le fécond Cahier du Livre de Thot. A c: nombre , i; , l’Homme devint foible: il trébu- cha ; & voyant la Mort , il fe repentit. Dieu lui pardonna , le rafîçrmit & pro-' longea fes jours jufqu’au nombre i 7 , le ncynbre 1 o étant l’allégorie du cercle de la Divinité, & 7 de la vraie fcience de l’Homme pour parvenir un jour à cire dans ce cercle Divin , 5c à imiter ce divin cercle pat la fcicncc & la (à- gede dans ce bas Univers.
(4î)
No. 14, Dans le précédent feuillet» rHomme n’avoit été que foible j mais dans celui-ci , il eO: orgueilleux envers tout ce qui n’cft pas lui ; il méconiioîc l’intention du Créateur; (ôn cœur s’en* durcir , & là pitié eft infenfible; la feule douleur lui fait verfer des larmes ; enfin il le croit Souverain par la force » plus que par U fdence & la fagelîe»
N®. I Il cfi attaqué d’inquiétudes & d’infirmités.
N°. 16, Son jugement lui efb prononcé, qu’après avoir Idufîert routes les douleurs humaines » il fera purifié par No, I 7 , la Mort.
No, 1 8. Ici commence le troifiemc Livre- L’Homme ayant péché ^ eft cou- vert d’un cilice. Dépourvu de la vraie lumière qui lui avoir été donnée , il emploie une lumière artificielle ; enfin fôn bâton indique de même qu’il mar- che avec peu d’afTurance dans les té- nèbres où il s’eft plongé : il cherche ce qu’il a perdu ; mais que rctrouvc-c-il , JN°. 1 9 Me fimulacre de U vraie fagefTc,
( 44 )
en Te bâtifTant des Temples idolâtres j dont il eft précipité dans les abîmes par la Vérité refplcndilïante , fous le hiéroglyphe du Soleil , qui lance le tonnerre & la grêle pour détruire ces maifons d’iniquités. ,
L’Homme fortant d*adorer des Idoles, afin qu’elles lui odtroïcnt des biens tem- porels , No. lo f la Fortune , il ne mec plus de bornes à Tes defirs -, & Ton or- gueil augmentant en raifon de fcn ignorance , il monte , Ko. 1 1 , dans un char, avec tous les attributs de la vaine gloire &: du derpotifme , cuiralTc comme ce vil Alexandre, furnommé le Grandi parce qu’il mafiacra A: fit inalîacrer un plus grand nombre d’hom- mes , ou qui ne iortgeoient nullement à lui , ou qui vouloient confcrver leur légirime domination.
O, zéro, la Folie. C’eft bien ici le centre de l’efprit humain , le Heu véri- table où repofe l’Homme derai-Savant j car que fait-il , comment Jugc-.t-il , & que fait-il i Pour s’en rendre raifon, U
( 4; )
feue pénétrer dans le quatrième Livre ; la vio de tous les Mortels y a été écrite par les Sages ^ &c terminé par cette fentence :
V Homme qui fe confie fur ^artifice pour avoir fon repos ,fera puni de mort par La fage Nature , avant de P avoir trouvé. Revenons.
Les trois premières Sciences hu- maines , dont la première , la Religion , n’a point de fubdivifion , mais tous les attributs qui lui font propres comme Vertu &: Science ; je dis Vertu , parce que celles ci font corps de la Religion ; & je dis Science , en tant que la cor- ruption humaine nous poulie à l'ido- lâtrie. Il feur donc pour la première Science , de la fagelTe & de la icience, & tous les hommes adoreront unique- ment un Dieu , dans Tunique forme que le Créateur du Ciel & de la Terre peut être adoré.
La fécondé Science humaine n’eft point la première » c’tll purement Té- lude de la Mature dans fes myllercs
(40
les plus occultes; elle a plufieurs Vivi- fions , que l’on nomme branches de la /âge Cabale. En fuivant cette Science , on ne doic-& on ne peur oublier la première ; on ne le doit pas , paice que lâns la Religion qui conduit à Dieu, l’Homme ne peut rien ; on ne le peur pas, parce qu’apres la Religion, c’eft la lâge Cabale.
La troificme Science eft un elprîc de la fécondé , comme la fécondé eft un efpric de la première. Dans cette rroifieme Science y font toutes celles qui (ont familières aux Hommes , ne comprenant rien de tout ce qui leur eft ab(blument inutile & nuifible en fait d’occupation.
Les trois premières Sciences hu- maines ont néce (Taire ment été miles dans la Juftice , la Force , la Prudence &: laTempérancc, le foir même du grand jour du repos univerfel , c’eft-à-dire , le huitième jour du Monde , ou au moins les Sciences humaines fuient le premier fruit des quatre Vertus Cardi-
(47)
raies ; Se par ces Sciences , ou mieux leur cfprit , les Hommes durent rccon- roître trois principes relatifs à leur être luoral , qu’ils défignerent avec railbn la Foi , rEfpérance &' la Charité.
Dès l’inftant que les Hommes nc- jgligerent la première Science , la fc- Konde , les Hautes Sciences , s’cloignc- irent d’eux , &r la troifîcme Science ne tfut plus pour eux qu’un cahos. Néan- imoins comme la première Science >éioit gravée dans leur ame , ils ne pu- èrent efiaccr le caraétere Htcré de la Re- digicn qui les rappclloit fans celfc au ■Créateur-, & ainiî ceux qui s’en lailFc- :renc le plus toucher , tels furent les 'Mages , fentirent que les Honimes de- ryoient furpalTer les animaux , non-leu- Üement en ce que tous les Etres ont jchacun ce qui leur eft propre, mais en îs’approchant bien au delà de tous les lEtres , du divin Créateur , qui leur avoir ■donné un cfprit-ame ,fait à Ton image, 1 c’eft-à' dire , une ame qui étoit immor- 1 telle , & qui dans le fini de fon Uni-
(4?)
vers , devoir imiter la Préfcience du Créateur dans l’infini.
Des lors que les Mages eurent conçu une féconde Science , ils découvrirent (ans peine l’efprit des troifierncs Scien- ces j efprir qui , nous peuvens le dé- montrer, eft généralement mal connu , puifque Ton croit que toutes les Scien- ces , tous les Arts & tous les Métiers ne font en vue que de gagner du bien , & de pouvoir répondre a Tes defirs : gagner du bien , que l’on n’emporte pas ; fatisfaire lès defirs , qui prefque tous abrègent la vie & occalîonnenr le trouble , ne font certainement pas l’ef- prit des Sciences & des Arts, nécef- faires à notre maniéré d’être,
Les trois véritables efprits des Sciences une fûts qubiiés , ont dû errer de tous cotés -, de- là font venus , à l’égard de la première , la Religion , des Divinités de tout genre & de route efpece , des Dieux ntâîcs , des Dieux femelles & des Dieux hermaphrodites , &c. «Sec : connue fi Dieu , Auteur & Créateur
d(
( 49 )
de rUniters , pouvoic être vu d’aucun fcxe»
Perdant l’idée jufte de la grandeur , de r unité de Dieu , on racheva bientôt de perdre de vue les Hautes Sciences, qui nous avoient conduits à ne voir que lui, & par ce moyen à en être exaucés, Jk enHn on ne conçut plus ce qui avoir été entendu par cette illuftre norainar tion Chef d'æuyrc.
Il en fut de meme des Sciences po- litiques & civiles j on crut être monté a leur comble, dès que l’on eut inventé la poudre à canon ; ce point de phyfî- que détermina les nouveaux Hommcî a fe perfuader qu’ils étoient nés pour commander : quelle ignorance ! lorfqug leur voix feule pouvoit les garantir des lions les plus féroces. Enfin l’Homme n’ayant plus qu’un fentiment naturel de /â puifiànce , il Ce crut Dieu même , & ofa le dire dans le tems que d’autref Hommes , qui mouroient de faim , fe crurent plus abjeéis que le fumier fiir le- quel ils couchoient. Reprenons un peu
C
( ;o)
toutes ces chofes , en remontant à leurs principes.
Dieu ayant crée l’Homme le plus parfait de tous les Etres, il imprima dans Ton ame la vérité , la (âgeiTe & la fciencc } ces divins caraéleres purent bien erre obfcurcis parce que le Créa- teur ne puT point rendre les Hommes aufll parfaits que lui ; mais ils ne pu- rent totalement être effacés , parce que Tempreinte étoit divine.
En confidérant cette divine em- preinte dans les premiers tems , nous voyons l’Homme n’adorer direélcmcnc que fôn Créateur , & nous le voyons rempli de vertus morales & de Sciences ccleftes , intellcftuellcs & phyfiques.
Dans la Science célefte , il voyoit la béatitude qu’il efpéroit ; mais cette Science étant corrompue , il fe figura que dans le Ciel il ralTafieroit toutes les paiTions matérielles qu’il avoir dans (a corruption.
Dans la Science intelleftuelle , Ton intelligence le faifoit planer entre les deux & la Terre.
(J>)
Et dans la Science phyfîque , il voyoic la Nature dans toutes Tes opé- rations , & prenoit de cette fage mere ee qui lui étoit propre pour démontrer fes facultés au-deiïus de tous les Etres.
Adam avoir bien perdu la grâce de n’être point fujet à la mort ni à tous les attributs de celle-ci j mais il ne lui fut point ôté la prérogative d’être au- delTus de tous les Etres , puilqu’il de- meura le chef- d’oeuvre du Très-Haut.
5i les facultés de l’Homme en ce monde & pour ce monde ne conhftenc que dans la liailbn de fes penfées, 3c enfin de tout ce que nous lui prêtons , pour le confidérer plus parfait que les animaux , que répondrons-nous à ceux- ci , lorfque dans les Pays glacials où ils fc plaifent , ils nous diront : toutes vos Sciences nous font inutiles } Sc plus que vous , nous avons aujourd’hui , par notre infiind, des premières notions qu’il efl: des Sciences plus élevées que celles qui nous ont été données, Sc que votre orgueil , avant-coureur de
C ij
(50
votre ignorance , vous a fait perdre Sc vous fait aujourd’hui mettre en doute î
Toutes vos fatigues , continueront- ils , ont pluheurs faux buts , dont le plus tolérable eft de faire refpciflcr vos mânes , Sc nous ne penfons pas à ces frivoles defirs. .
Les animaux îrraifonnables auroient mille chofes à nous offrir de leur fiipé- riorité fur nous à l’égard du paflage de cette vie , fi nous n’avions à leur oppo- fer nos Hautes Sciences , qui furpaffent plus d’un million de fois leur inftind ou connoilfanccs naturelles , celles-ci fur- palîant l’idée & les traits hiftoriques que nous en avons.
Si j’appuie que les Hommes ont des facultés intclleâuelles, & même ccleftes, au-deffus de ce qu’ils fe figurent aujour- d’hui , je fuis bien éloigné de leur attri- buer une puiffànce non-feulement làns tomes , mais même chimérique , tel que de paffer comme l’air au travers d’une muraille , &c. Ils peuvent opérer ides merveilles affci grandes , fans y
(5»)'
admettre des inepties ; &: fi j’ai dit dans l’Epîtrc à feu M. de Gibelin , que les Hommes pouvoienc s’élever au-delTus de la terre & fe tranlporter comme le vent d’un lieu en un autre fans le fe- cours de la Phyfique ni de la Mécha- nique, c’eft que je le crois, c’eft que je maintiens cela pofîlble , encore que je ne puifTe le démontrer.
Après la Religion , c’eft une vérité que chez tous les Peuples de la terre les Orides &: la Médecine univerfelle ont été les plus chantés ; mais toutes trois ont été de meme les plus contrariées , lorfquion s’cloignoit de leurs vrais prin- cipes \ enfin , toutes trois ont été les plus mal fuivies, parce que les Hommes ont préféré de aoire à ce qui répondoit à leurs fens.
Ces Sciences , toutes céleftes & in- telleéfuelles , & n’ayant de phyfique que les biens qui en nailToient , foie moralement , comme le repos inté- rieur , & phyfiquement , comme les biens temporels , durent être fujettes
C iij
( h)
à des variations , parce qu’encorc que leur but croit & tendoit à la vérité , les Hommes , féduits par le menfouge, qui leur ofïroic un bonheur au-deflus de leurs bcfoins , comme un Homme prcfcnt pour un Dieu invifible , des draps d’or au lieu de vcremens unis , ôic. durent fc laifTer corrompre , & de leurs foibleflcs, recevoir fucceffivement de faulTcs Religions j Accordées à des Oracles aufll fubtilcs que menfongers , & enfin avoir confiance à une Méde- cine auflî ignorante que dangereufe à rhumanitc ; toutes trois paroiflant de fois à autre dans la vérité , parce que la vérité occupe TUnivers entier.
Nous nous entretenons librcntent de toutes les faufies Religions qui Ce font fucccdccs , parce que nous fommes tous inflruits que n*y ayant qu’un Dieu, unique créateur de toutes cliofes , qu'il ne peut y avoir qu’une Religion qui lui foit propre ; ôt en cela , comme on voit , nous ne fommes pas tolérans au point de dire avec les infenfes que toutes
( 5 5 )
adorations fe rapportent à Dieu. Ce fcntiment étant plus abfurde que de dire que toute impofition retourne au Roi , puifqu’il eft reconnu qu’il s’en perd dans la traverfe une très-grande partie.
Nous parlons de même des faux Oracles , parce que nous (avons quelle a été la fupercherie Sc la cupidité des Prêtres idolâtres pour ,foit difant , faire parler leurs faux Dieux,
Nous difons que la vraie Médecine a été corrompue , parce que nous éprouvons encore aujourd’hui que mal- gré les précautions que prend la Société, il eft fous nos yeux un nombre éton- nant de Charlatans qui comptent pour peu de chofe la vie des Citoyens; mais revenons à la Philofôphie Hermétique , à laquelle le vulgaire , &: même les jeunes Difciples , ne donnent pour at- tribut que la tranfînutation des métaux , comme fi elle n’avoit pas auffi celle des végétaux & des animaux, ôcc. &c.
L’or a pour nous un attrait qui nous
C iv
(5^)^
fait penclier de Ton côte j ce métal , Je le fais , cft précieu^f , autant par fa pu- reté , que pour répoadre à nos befoins ; mais ces vues v^ent-ellcs toutes ce que la PhilofopHie Hermétique offre aux Adeptes î îl s’en faut de beaucoup.
L’oreftpoiftr eux l’objet de leur dernier regard-, c’eft Dieu , (bn prochain & fbi- mcme qi/i en font bien plus près , & qui le plds près bien conçu , rendroit généralement tous les Hommes polTef- feurs de la Médecine univerfelle. Tâ- chons d^ les conduire dans la première •voie qtie nous pofTédons ; cela nous in- diquera peut-être la fécondé , où nous languifTons faute de fcience (i),&fans doute faute de vertu.
Rien n’a {èmblé , â beaucoup de perfonnes , plus chimérique que l’idée ou mieux la vérité d’une Médecine univerfelle. Hommes peu réfléchis , qui ne pouvez comprendre les myfteres
(i) Je vais bientôt parler de ceux qui ont écrit des Hautes Sciences fans les pofTéderK
(s?)'
delà Pliilofophie dite à-w grdnd Hermès,, ^ encore bien moins U finiplicité & la làgcfle de la Nature , entendez que cette fublime Médecine , propre à tous- les maux phyfiques des corps ^ cft une Médecine univerfellc & non pas un remede Pharmacopique , donc vous' elpérez la /ànté lâns en avoir la certi- tude , ce qui , dans ce cas , toujours' fous vos yeux , eft jouer fa vie contre une légère efpérance ; foyez attentifs' & patiens j fi je n’ai pas la fciencc de vous conduire jufqu’au fuprême degré de cette merveille , j’attefte le Ciel que- je vais vous en développer la premiers voie , dans l’efpérance où je fuis que' ce Ciel que j’implore me permettra^ de copier J d’après le Livre de Ths>Sf ce qu’ont écrit les Sages & premiers Egyp» tiens î
De Sages vulgaires , & meme de' vrais Philofcpiies , n’ont pas cru devoir monter l’origine de la Philofophie Her*- métique plus haut que Trifmé^i^tqup viyoit- du tems ^Ahrahum , cmu/nc'
(S8)
VOUS !f verrez à la fin de ce volume y mais Trijrnégijlc n’en donna qu*un fa- vant extraie , ayant , comme il le dit » puifé fa Science ou reçu fes toix de Mercure dans le Livre de Thot.
De faux égards ont aUfii empcché les Savans & les Sages de citer tous les Philolbphes qui furent pofiefleurs des fécondés Sciences humaines , comme ft elles pouvoient être en contradiélion avec la première & la troifieme j mais ce qui nous a femblé plus particulier , e’eft que dans toutes les Religions nous y ayons vu de vrais Phllolophes : c’eft encore une diflScultc que nous avons éclaircie dans notre intérieur, ëc que nous devons taire pour l’infiant.
Pour relever tous les fcrupules , qui ^ comme on le fait, retardent la marche de nos connoifîànces , il ne faut que recommander aux Savans de lier l’Hif» tüire à la vérité ; Si au lieu de douter, Si même de ne rien croire , nous dé- velop^rons , avec le tems , que ces milliers d'effets rares , ateeffés par les Anciens » font les fruits de la véritable
(59)
■IScience humaine , & ceux de la Nature, arrivés , dans Tes marches particulières , à maturité. Reprenons.
Les Hommes ont altéré leur croyance en Dieu ; Se fi vous alliez en Turquie dire que Alahomit ne fut jamais Pro- phète du Seigneur , vous feriez empalé.
Les Hommes ont altéré les Oracles j &: fi vous alliez chez les Peuples qui les attendent, ainfi que d'autres raerveillés de leurs Idoles , prouver que ces Oracles font faux , on vous feroit mourir.
A l’égard de la Médecine univerfelle, c’eft autre chofc ; vous pouvez chanter par-tout qu’elle n’exiftc pas , ( parce qu’il n’y a pas ’de compagnie formée pour maintenir qu’elle eft véritable ) vous ferez admis & reçu fans preuves.
Mais , direz-vous , fi je guérilfois de la mort un moribond , fi je tranfmuois les bas métaux en or, à 14 karats , vous ne feriez qu’étonner fai>s perfiia- der , puifquc ceux qui ont fait l’un & fautre , ont volontiers été traités d’im- pofteuis & leurs témoins d’imbécilles ,
( )
non par tous les Hommes , mais par le plus grand nombre.
Il faut , pour que la Médecine uni- verfclle celTe d’être crue une chimere y que ceux qui ne veulent pas s’en occu- per ni la croire véritable , la reçoivent -, alors la Société , fur une authenticité de cette nature , Te rendra ; je veux dire que , pour accorder que Lyon eft une Ville qui exifte , qu’il faut que j’y aille 5 mais comme je ne veux pas faire ce voyage , je m’en tiendrai toute ma vie qu’elle n’exide pas. En attendant le fentiment général , traduifons ce qu’il nous (era poffible du Livre de Thot ^ entremêlant pour luppléer à notre manque de fcience, quelques penlees afin de former un difeours plus lifible.
Le feljje foufre 6c le mercure for- ment, cnrcmble l’elprit palpable des> animaux, des végétaux & des miné- raux &c cet. efprit. retiré vivant de /à- matrice, a la propricti,, en pénétrant iMï fiijcc qu’il informe , de le ramener miraculeui^meni à la famé & meme à.
(<I)
l'a vie , s’il refte quelques atomes des trois primitifs Elcmens dans leur fcorie ou terre morte -, comme aufli de par- faire UQ autre fujec , retire avant fou terme, de la Nature, ou que Nature ne pouvoir mûrir ians le fccours de l’Homme , infiniment fupérieur à elle ;■ car Nature fuit la marche, & l’Homme a la paiflance de marcher à Ton gré , non phyfîquement , mais moralement, ce qui efl une faculté bien au-delTus. de l’autre.
Nature efï appellée fag^y en ce qu’elle n’enfreint pas la loi qui lui a été impo** fée -y ôc on la nomme de même Bonne mere , en ce que Ton tout nourrit fes parties & réciproquement fes parties fon tout.
Si vous la nommez lionne mercy vous pourrez de même l’appeller B-on Jerviteur y te aulîi Bon maure , &: cela làns vous contredire , parce que les- noms que vous lui donnerez* feront cm railôn du côté oiV vous l’envifagercr..
Si. Nature cû dans la partie ou-éHe;
( )
enfante ün fujec attaqué d’inforaitcs , alors ce fujet ne peut point venir à bien , ni meme à terme.
Toute la Médecine univerfellc eft établie fur trois principes , n’importe de quel régné , êc ces principes doivent Ce rc/oudre à un féal efprit , qui n’eft plus principe, mais matière première.
Si les principes font dans tous les régnés , la matière première eft nécef- fairement en tous lieux : cela eft bien vrai ; -car fans la première matière , il n’y a pas de principes. Nous revien- drons à notre fujet.
La Médecine univerfelîe , que je' nomme à prefent Poudre féche ou hu- mide , a la propriété , par deux moyens , d’oter la lepre ou le mal qui s’adapte à un corps > le premier , en tranfmuant le corps etranger & h rendant hoiii0^ene\ le fécond , en l’expulfant s’il eft trop éloigné de l’homogénité ; & c’eft dans ce lieu- ci où les Philofophes parlent de chaffer l’impur, ou de la feparatien du pur de l’impur.
(«5)
En fait de Médecine vulgaire , il faut à chaque mal un remcde j en fait de Médecine un peu plus recherchée , un reiïiede eft propre à pluficurs maux; êc en fait de Médecine parfaite , il ne faut qu’un remcde pour toutes les ma- ladies , par la raifon contraire qu’il ne faut qu’une maladie ou un venin pour envenimer tout un corps.
Une même nourriture , bien faine , nourrie tous les Hommes ; de même une boilTon fàlubre ppurvoit à leur foif ; donc une même Médecine leur fuffit , fl elle cft parfaite , ainfi que le chien- dent eft propre à tous les chiens.
Si un venin produit à tous les Hommes les mêmes ravages , les mêmes dou- leurs , les mêmes lignes de mort , & U mort même , la Nature leur a lâns doute donné une Médecine qui les rend indiftintStement à, la fanté , ôc cela n’cft pas dans nos remedes vulgaires , qui , comme on le fait , font du bien aux uns & du nul aux autres > donc
( «+ )'
ces fortes de remedes ne font pas par- faits ; or, étant reconnus imparfaits , il a fallu en chercher un qui le fût ; & celui qui fut trouvé tel , fut bien nom- mé Mcdccine universelle. On peut dire qu’on ne la pofTede pas , mais non té- moigner qu’elle n’exifte pas , parce que non-fèulément de prouver fon igno- rance on laifTe à découvrir en foi un cfprit de méchanceté.
Si vous dites que la Médecine uni- vcrfelle eft une chimere , vous aceufez la Nature d’avoir en elle plus de mal que de bien , ce qui eft contraire à ce que vous fàvez i car Nature , dans Tes fondions les plus cruelles pour les Hommes , comme un tremblement de terre , un éclat de tonnerre , une inon- dation , ne fait mal qu’à l’égard de vous , Sc encore c’eft parce que vous ne vous êtes pas étudié‘^|P3|' connoître dans fes fondions , propres à fà con— fervation , & ainh à la vôtre dans Ic- fêiis contraire , puifqa’à elle , l'c5 opé-
rations citées , lui font un bien , ôc a vous un mal , fi vous ne les avez pas prévues (i).
Il en eft de meme des herbes que vous dites & qui font eflèdivement pour vous^énimeufes. répudiant l’inep’ tic d’un Extaiique \ qui me témoigna que telles herbes n’étoient devenues UH poifon y que par notre corruption morale j il s’enfuit , lui dis-je , que nous avons attrapé la Nature , en nous en fervanc de remedes , & à ce propos on peut avouer que les Ignorans vou- lant tirer parti de tout , tombent dans des erreurs infourenables.
Tout eft bien , tout eft dans le mieux poflible ; mais il faut voir chaque objet
( I ) Avant que Meffine fût engloutie , la Nature indiqua aux animaux de chercher leur ialut ailleurs j s’ils avoient été doués d’intelligence humaine , ils euflent eu le tems de confèrver leur vie ; il faut donc que les Hommes optent qu’il eft des Hautes Sciences , ou qu’ils font plus ignorans que les animaux à l’egard du premier des biens > U vie.
(66)
dans le lieu où il doit être , & fc placer jufte y & 011 verra , dis-je , comme la jufte réflexion l’indique à tous ceux qui en font fnfceptibles y qu’il n’y a rien de mal dans la Nature, lorlqu’on a la fcience de Ce préferver de ce qui ne peut être vu un mal qu’en raifon de l’Homme trop peu inftruit.
Nature ne s’eft pas feulement plu à s’cgalifer dans le bien comme dans le mal ; mais je crois en outre qu’elle n’a rien en elle qui foit un mal pour nous, au moins n’en ai- je encore jamais dif- tingué , en admettant , bien entendu , aux Hommes plus de vertus que de vices , & plus de fcience que d’igno- rance. Reprenons,
On voit bien les Hommes pafler tout- à- coup de la fanté à la maladie ; mais notre ingratitude ne nous fait pas remarquer que nous paflons fouvent des portes de la mort à une parfaite fanté J je ne dis pas à la fuite d’une longue maladie , où la Nature apporte elle-niêinc l’efprit des principes indif^
( ^7 )
pcn fable à la vie , mais dans une pro- menade , ou dans un repas , ou dans une Société. Il n’y a donc que celui qui meurt qui eft pour nous remarquable : c’eft une vérité.
Ce qui dérange l’économie de la vie animale , végétale & minérale , c’eft prefque toujours un ou pltrfieurs corps éirangers à fa maniéré d’etre. Dans ce cas y en parlant par rapport , de la Mé- decine univcrfelle à l’Art Militaire , qu’importe à un brave Général fi ceux qui s’oppofent à fa viétoire font d’une Nation ou d’une autre , pourvu qu’il podede à fond là Taélique, & qu’il ait des forces fufEfantes î
Je n’ai pas d’intérêt de maintenir qu’en outre de la Médecine univerfelle, qu’il eft même de grands remedes qui en approchent , & dont la pofiefi- fion eft entre les mains de plufieurs favans Hommes j non , je n’ai point d’intérêt à vanter des remedes géné- raux , puifquc je n’en ai pas à offrir au Public.
(6*)
Médecin purement des cfprits , ainfî que je le démontre dans le Fragment qui termine le troificme Cahier de cet Ouvrage, je ne pourrois offrir que des cures toutes intelleétuelles , rcfprit n’en ayant pas befoin d’autres-, Sc c’eft à tort que dans les maladies de l’elpric on a recours aux Médecins des corps : Médecins qui , lorfqu’ils font fages » comme il en eft une infinité , donnent, pour route ordonnance , de fe bien garder à^embarbouilUr encore le phy- lique par des médecines épaifTes ou fpiricueufes , qui occafionncnc des hauts de cœur (i), & portent des vapeurs au cerveau.
La Médecine univerfelle tire Ton ori- gine de l’arbre de vie qui étoic en Eden -, le texte y eft formel. Avant le déluge , on ne fe fervoit que de la Médecine
(0 Cela s’appelle prétendre à la guérilbn par irritation & crirpement du corps , qui , par fois , détache toutes les corruptions ; l’cmécique , dans ce cas , eft le Roi des irri- tatiofls , âinû que rantûnoinc , 3fc»
(«9)
univcrfelle (l) > la fcience en étoît com- mune à tous les Hommes, & tous vi- voient plufîeurs (îecles ; mais mclulani: d’une vie longue jufciuà s’adonner à des vices fans contredit impardonna- bles , les Hommes furent fubmerges.
Par petit-fils de Noé, cette
Science pafi'a feulement aux premier^ nés des Chanancens , des AmorrhéenSf des Guergcjicns , des Retiens ^ des Hèviens , des Périjiens & des Jêbu- Jiens , ainfi par Sem àc par Japhet à leurs premiers nés.
Il faut pourtant entendre que l’arbre de vie qui étoit en Eden n’étoit & n’efl; que la figure myftique de notre Mé- decine univerfelle , propre à la guérifon de nos maladies phyfiques j car au vé- ritable fens de l’Ecriture , cet arbre de vie , qui étoit dans le Patadis de dellus
(i) Sans Médecine univerfelle, on a de la peine à expliquer comment le grand âge des preniiers Hommes. Bon , dit un Savant , c’ell que notre Univers cH ufé. La réplique , diroit un Petit-Maître , -eft délicieufe.
( 70 )
la ferre, ou terrcHre, croit la figure ptfirivc de la Médecine univcrfclle de nos âmes , & pour revenir à ce que j’ai dit , la Vertu au centre des Hommes , ainfi que s’exprime Mercure Trifmé^ gijle , & comme a dit dan^l’invcrfe un de nos doéies Académiciens , avant d’étre reçu Membre de cette Compa- gnie : Si U Vertu s'exile^ que deviendra l Univers? Voyez la fuperhe Ode de M, Thomas , qui a remporte U Prix de 17^4.
Tous les Philofcpbes le difent , fans vertu c’eft en ^ain que l’on prétend à ce (ublime Arcane ; la pofTeffion qui en eft injufte, comme par le larcin ^ l’in- diferétion , A:c. eft attentatoire à la Science & à la Sagefle ;• & tel qui l’a eu injuftement , comme tel qui pourra l’avoir, fans amour , fans travail, enfin lâns peine , & comme il eft dit , fans que Dieu ou un ami le lui dife , il en aura toujours plus de dommage qu’il ne lui aura été utile *, c’eft ce qui prouvé que cette grande Médecine ne peut
( 71 )
point être parfaite de la matière uni- quement (i). Voyez U Livre de Tkot, On remarque trois fortes d’Horames qui ont écrit de la Philofophie Hermé- tique , & même une quatrième clalTc ; mais comme ceile-ci n’en a parlé que comme d’une Science qui feroit admi- rable Cl elle exiftoit , ou qui n’en a parlé qu’en outrageant la Science & nos Philofophes , ne comprenant pas même le fens de Médecine univerfeile ; &: enfin que cette quatrième clafTe en defirant , doutant , ou ne croyant pas , n’a rien dit pour elle, nous ne comp-
(i) Il cft vrai que ce lèntbncnt peut heur- ter beaucoup de perfonnes; mais il n’cneft pas moins vrai ; & c’eft en vain que l’on chcrche^ette Science divine, cet Art facré, qui le difpute au bien phy/î^ue d’être née » n on commence rœuvre étant fouillé du moindre crime , fi , dis-je , on le fait avant d’avoir réparé le plus léger tort & le plus foible chagrin que l’onait enfavie occafionne injuftement à fon prochain, La pénitence gît dans le repentir ; mais le repentir gît lui- même dans la fatisfaêiion ; & n’eft jamais Adepte , qui ne peut latisfairc à Dieu & au prochain.
(71 )
tons donc que trois fortes d’Hommes , dont nous devons exalter les premiers , eftimer les (êconds y & méprifer les troifiemes , encore plus que ceux qui ont calomnié notre fubliine Philofophic, ceux-ci difânt Sc démontrant , par leur réfutation , qu’ils ronrabfolumcnt dans les ténèbres, & au contraire ceux de la troifiemc clafle, poulTés d’amour-propre, ou d’un vil intérêt , fe difant inftruits.
Ceux qui ont été de véritables Adeptes , en écrivant de la Médecine univerfelle , n'ont employé que le fens littéral, tant pour la nomination des principes, que pour la trituration qui conduit l’oeuvre à fa perfeélion y ainli que pour la multiplication. Ce fenti- ment peut paroître nouveau , &: même erroné, pour des Difciples de vingt, trente & quarante ans -, mais il n’en eft pas moins véritable.
On pourra alléguer que fi l'œuvre eft aulli fimple & naturelle que beau- coup de Philofophes même l’ont dit , qu’une page leur eût fuffi pour touc
(73)
dire mais qu’au contraire ils ont tous fait des volumes plus ou moins conli- dcrables. Oui , en dix lignes les Philo- fophes cufTent pu développer tout leur myCtere j &c s’ils l’ont pu , ils ont dû le faire, ou ils n’auroienc point. été de vrais Philoloplies , mais dçs méchans Sc designorans. C’eft donc en dix lignes, écrites dans le feus littéral , qu’il faut trouver les vrais principes & tout ce qu’il eft utile de (avoir pour monter l’oeuvre à fa perfcélion ; & quant au furplus de tout le difeours qui accom- ' pagne celui que l’on cherche , on peut ! le regarder comme une préparation & I une épreuve de la confiance, de la fcience i& de la (àgefie dont il faut être pourvu (pour trouver ces dix lignes , & fouvent dix mots ordonnés en rétrogradant 4. 15. 1. I. à la maniéré de compter des jpremiers Egyptiens.
Si vous n’admettez pas que les Phî- âofophes aient écrit dans le fens littéral , «vous êtes forcé , malgré les raifons que woas alléguez pour les mal dé fe a ire ,
D
(74 )
Àc convenir qu’ils font l’Auteur <ie mille Bc mille fauflcs routes qui ont ruiné ôc déshonoré de parfaits Amateurs de Icttr fcience & de leur fàgelTe.
Si vous continuez de dire , avec le torrent des Hommes , qu’ils ont em- ployé les cmbicmes , les paraboles , les tnéraphores , enfin qu’ils ont caché , fous des fens myftiques, ce profond jircane » outre de vous renvoyer au Livre de Thct j vous démentez ce que pluficurs d’entr’eux vous ont dit , que cet Art , cette Science croit à la portée de tout le monde. Vous vous démentez vous-même , fi vous êtes foulcmcnc parvenu à connoître les trois principes de l’un des crois règnes ; 6c enfin en "parlairt par rapport de la focondc Science humaine à la première , ne favex-vous pas qu’en celle-ci Dieu, le prochain 6c joi-même , renferment toute la Loi 6c les Prophètes ; 6c que fur ces trois points , dont le premier cft la fourcc , cfi: fondée toute la fublime morale, qui, écrite en mille & mille manières di-
( 75 )
' Tcrfes , forme autant de Livres tnftruc- tife , qui fe rapportent à ttois , & fiaa«; lement à un.
Croyez - moi , tout ce que vous ▼oyez dans le fens figuré , cfl: & n’ell pas l’œuvrcj & fi pourtant vous ne faites point de cas de ces fiiblimes figures , c’efi: une vérité que vous ne découvri- rez jamais ni les principes, ni la tri- turation qui conduit à l’clprit uniqut de ia Médecine univctfclle.
Je conviens avec vous que tout ce. qu’ont dit les Phi!o(ôphes paroît ne former qu’une chaîne de paraboles } mais foyez perlùadé qu’ils ont voulu imiter leur mere la Nature , qui femblc par tout myftérieufe , encore que per- pciuellcment elle (bit , dans une mul- I titude de cotes , dévoilée Sc vifible à t nos yeuz.
Le grand Herm 'cs , dans ion Py« mandre où eft littéralement écrit toute la Philolbphie Hermétique , parle du ■Créateur , de la Créature & de la Nz- l'turc entière : accoutumés comme nous
D ij
(7<)
le fbmmes à concevoir les vérités de U Religion & les vérités phyfiques de la Nature , nous le fuivons pas à pas fans perdre une parole ; néanmoins il a tout dît pour nous rendre Adeptes , & nous ne l’avons pas compris (i) , parce que ce qui cft entre le moral & le phyfîque, ou tenant de l’un &de l’autre , échappe à nos le ns.
Il faut , pour concevoir la Médecine univerfèlle , faire une étude qui nous y conduife , comme nous avons été gui- dés par de fages Mentors , pour com- prendre qu’il e(l un Dieu & des Hom- mes ; car quoique ces vérités nous tou- chent de fl près que nous les fentons naturellement, ou par Nature ; encore
(i) Entendez donc que vous ne faites pas apprendre à vos enfans i'alphabct desScicnces occultes , & ^ue par conÆquent ne lâchant ri lire , ni meme épeler dans notre làge Phi- lofophie, qu’ils ne peuvent entendre le fens littéral. Entendez auffi que lorlque vous vou- lez lire les Philolophes , que vous ne vous êtes pas alfurés fi leur a étoit un a ; au con- traire vous étant figuré que votre é étoit leur < > vous avez toujours prononcé b pour a.
(77)
vacillerions - nous quelques înftant e» marchant pour les trouver , fi nous ii’e» avions pas etc pénétres à fur & mefurc que la raiibn eft venu accompagner nos ans.
Si Hermès 6c tous les vraîs Philo- fophes, comme PhilaUte , le bon Tré- tifan, Arnaud de ViLleneuf ^ Raimond Lulle , le Cosmopolite , Roger Bacon , 6c (ans contredit enfin fi tous les
Adeptes , n’eufTent pas écrit à la lettre , plufieurs d’entr’eux n’eufTent point dit , comme je le répété , que tous les Hommes pouvoient faire l’œuvre ; car pour entendre feulement leurs para- boles , cela eût demandé la vie entière d’uB Homme , fuppofé encore qu’il eût eu l’eTprit propre à développer les énigmes , ou mieux la métaphore , & enfin avant de les entendre , qu’il les eût fil lire (i).
( I ) Je le dis y dans le Icns littéral , il ne faut que favoir lire les Philofophes « & non interpréter leur métaphore , ainfi que l’a mal entendu Dom Pernetti , flc
D iij
f7S)
Si vous dites que tout cela doit ctre fous-cntendu , parce que l’ignorance ne peut efpércr rien ; ce dernier fcnri- nicnt vu en ce fens , cft véritable i mais il faut diftinguer quelle forte d’ignorant dont vous entendez parler j car fi vous confondez la fimplicité ignorante avec l’orgueillcufc Ignorance , mere de tous les vices , vous mettez , pour la fage fimplicité , un obftacle invincible entre elle & la fage Nature qui lui tend les bras ; mais voici un trait qui )uftificra tout ce que je fens k cet égard.
La curiofité , & ma Science princi- pale , la Divination , me porta , dans l’avanc-derniere guerre , i 7 5 9, de voir Dunkerque , la Maifon du Roi y étant. Des raifons aufïï de Science m’ayant engagé à pafier par Lille , j’y appris qu’à
bien d’autres , qui ne furent jamais Adeptes ; & quand un Philofophe dit, entend ce que nous voulons dire , c’eft qu’il vient de le dire , ou qu’il le dit , ou qu’il va le dire lit- téralement ; mais on aime à voyager avec l’Ignorance f pour trouver la Vérité,
(79)
»ne demi - lieue de Bergue je pouvois rendre vificc à un vertueux Payfan , Amateur de notre fage Philolôphie ; j’y fus, & je me fentis émerveillé j non- feulemenc des connoiHances qu’il avoit bien aU'dedùs de moi , mais encore de ce qu’il ne connoilToit pas Tes lettres , étant fils d’un Manouvrier adonné aux travaux de la Campagne, dont lui- racme faifbit fon unique occupation : il y avoit environ un an 5: demi que la femme , ^fon enfant de huit ans ,lui lifoienc réglémcnt tous les foirs une page ôc demie du vrai l^hilalcu.
Tous ceux qui connoilTent les trois principes de l'un des régnés , Tel j foufre hc , (je parle ailleurs de la
matière première ) ne conviennent-ils jns que trois mots vulgaires peuvent les faire entendre. Hé bien ! c’eft une vérité , que quatre mots feienrifiques pouvant fe traduire en quatre mots vulgaires , donnent la trituration , ce qui fait fept premiers mots à connoîcrc dans touf Ouvrage quelconque , trai»
D iv
(lo)
tant de Dieu , de la Nature & des Hommes , écrit par nos Philofophes.
Eft-on arrive à ces premiers nombres, il n’en refte que trois à trouver -, c’eft où j’en luis : ainfi qu*il me (bit permis de ne pas pafler plus loin que la vérité qui m’eft connue , me permettant feu- lement de continuer , en partant des trois principes , & en difeourant fur la trituration du quartenaire ( i ) , ayant en vérité nommé les trois principes de chaque régné.
Concevez- vous, jeunes Dilciple5(2) jl' que fans jouer du Pliilofophc , je me , fois approché des premières notions
(i) Quife rapporte à la matière première.
(x) L’Auteur s’explique allez nettement par ces mots jeunes Ü 'ijciples ; c’ell parce q^u’il a reconnu prefque généralement dans tous les Dilciples de vingt-cinq , trente & quarante ans une ebftination , un orgueil & enfin une ignorance outrée. Si vous êtes de ce nombre , dites-moi , je vous prie , à quoi vous a conduit votre faux alphabet, & lî enfin vous préférez la mort à la vie. j’elpere trouver, direz- vous : oui , fi vous n’aller pas chercher loin la vérité qui vous touche.
(Si )
i|ue vous avez de la Philofophie Her- juctique. Oui. Hc-bicn! je vous dirai vulgairement ces fcpt mots (i), tels que de véritables Adeptes m’ont avoué les avoir rencontrés , (ùr les récits que je leur en ai faits. Ainfi, d’après l’exemple de nos Maîtres y je continuerai de par- ler du Créateur , de la Créature & de l’Univers ; & fi vous ne m’avez paï entendu , je vous aurois dit pourquoi.
On croit , comme dit Dufrefnoy , que Roger Bacon efl: fophiftique ; que Céiert eft trop abftrait } que Philalcte eft trcs-fiibtil ; que Trevifan eft fincere i ils fc reftemblcnt tous , te tous n’onc que trois , fept & dix mots làns plus. Mais lorlqu’on lit les Philofophcs en voulant & croyant les fimplificr, on les complique jufqu’au point de les dénaturer & de les perdre fouvent de vue. Oui i lorfqu’on ignore générale- ment tout , foit dans le régné animal ,,
(i) Si la véritablc^laçonneric eût futfifléc, Its Frères auroieiff parlé tout haut, & le n’auroit cxi.ié que dans l’œuvre,-
V
( S« )
©U végétal , ou inincral , on applique Tes idées bizarres ou fantaHiques aui feutences des Philoroplics , & dc-là on les juge ou faciles à comprendre , ou inintelligibles ; enfin les vrais principes trouves ou non trouvés dans le régné que l’on fuit , on refte encore embar- laffc pour le cems , le lieu , les poids , la puri6ca;ion , &r bien au-dela la mul- tiplication ; neanmoins tous ces obfta- clcs s’cvanouilTenr , & on conçoit , chacun à la fantaific, l’opérarion très- véritable , trcs-fimple , cn.fin très-facile & très - naturelle i mais les années fc paffent , l’argent s’évanouit , & U pou- dre d’or , qui eft la grande ba'fe de tous les faux Difcipics , ne fe montre pas.
De cet orgueil , je dis de cioiré en- tendre les Philofophes , eft née l’igno- rance , & de celle-ci des trompeurs. Comment croire néanmoins que l’on s’tft trompé foi même , lorfqu’on a vu l*Arc-cn Ciel , le Soleil , la Lune , les Etoiles , enfin l’Univ^s entier , & que V'.cme on tient & entretient la tête du
(Ss)
CorWau , & en un mot Ior(cju*on a va palfer tout ce qui cft fur la terre ôc fichi à la voûte des deux ; bref, les vingt- deux premiers hiéroglyphes du Livre de Thot ou de Dieu, de la Nature & des Hommes , c’eft-à-dire, les nombres, les formes & couleurs ? C’eft , jeunes DKciples , parce que vous avez fournis le langage des Philolbphes à vos raifbns, & qu’il eût fallu au contraire fouinettrc votre raifon à leur langage ; c’eft fina- lement parce qu’expliquant à votre maniéré les termes philofophiques , vous vous en êtes formé un alphabet aulTi fubtil qu’ignorant & ridicule,
Dom Psrnctù , de Saint -Maur, quoiqu’Amateur & Savant vulgaire , en voulant débrouiller mille fables , en fit une complcîte. Il falloit moins écrire & mieux réfléchir. Il avoir tout ce que je connois dans les mains , & fans doute il en avoir davantage , puifqu’il avoir les réflexions d’un ftudieux Allemand , mais qui ne lui fervirent à rien.
Euccudez, jeunes Amateurs de la
D vj:
(»4)
(âge Philo(ôphie du grand Rennes , que le nombre , les formes & les couleurs font dans la Nature; ôc qu’encorc que vos principes &: vos operations (oient fauffes , que tout ce qui cft dans la Nature palfant par la corruption , la dilTolution & la régénération , s’ofîre à l’une de Tes plus foibles parties. Ce que vous voyez n’eft donc pas toujours les approches de la vcticé que vous cherchez , mais les effets de la vérité générale , qui eft en tout lieu.
Ne croyez pas que je déraifonne ou que je parle figurément dans une fimple inftruérion où il n’eft pas queftion de la route du grand oeuvre » mais ffmple- menc de vous prévenir des erreurs que vous adopter journellement, en cher- chant à' parvenir à la vérité. Je dis que l’efprir de la Nature cft dans tout ; je dis que Telprit de la Nature cft dans tni fujer quelconque , & que cet e(pric doirrrcplus ou moins vifiblcmcnt à nos yeux y fiiivant la rapidité de la traal^ niutarion; le nombte ,, le poids » I4
(«5)
Couleur & la forme , mais fi , comme les Philofophes , vous ne voyez pas l’eau & la terre y le feu & l’air y & enfin le minéral dans le végétal > le végétal dans l’animal, & l’animal dans le mi- néral , Scc. c’efi parce que les formes font imperceptibles; mais les quantités,, qualités & propriétés plus raréfiées , n’ea font pas moins eficntiellement dans tous les règnes.
Il faut , cela eft indifpcnfable , dé- velopper la Nature dans l’une des plus petites parties de fon tout , faifir l’cfi- prit du premier agent primitif, le fuivre fur le premier patient primitif, & enfin reconnoître le premier unifiant , auflî primitif ; elprit unique qui Ce meut comme routes les particules du feu qui efi dans l’ambre, &c. (i).
(i) En- adoptant ce iÿftême, «n foupçon- ncroh volontiers que tout dans la Nature ic-' meut circulairemcnt dans les mouvemen*- généraux ce Icroit bien là le comble dcf tourbillons , puifque la lumière fc gliïï'eroit jufqu’à nous,lûr une chaîne de petits tourbil- lons , ou globules fphériques , qui fcroiciU Kux-mêmes des ra^onsr-
Mercure Trifmcgijie a dit , d’après fts Ancêtres , que la terre ctoic fémi- nine y & qu’ctant dilpofcc , l’eau a en- gendré en elle.
L’eau eft donc, fuivantles Anciens , le mâle *, néanmoins c’eft une vérité qu*clle enfante & qu’elle nourritr Il dit auflî que de la maturité du feu de l'air vint la vie , & vint la lumière,
T
vint l’ame , & vint rentendement ; le toutes chofes par l’eau , le feu & l’air ont été vues dans le cercle du Monde fenfible ou phyjique^ &(:. ( i),
La fécondé claffe de ceux qui ont fetit de la Pliilofophie Hermétique , fans pouvoir les regarder comme reçus ou Adeptes , mais polTefieurs des fept premiers nombres de l’œuvre , ( tels font Crollius, ï d'Juhry (i), de
(i) Etant à Marfeille , en 1768 , je vis un fcomme au moment de Ton embarquement pour Tunis , qui me parut Adepte ; il me tint un langage philosophique , qui revenoit par- faitement à ce difeouts.
(z) L’Abbé d’/îti^r^, Médecin, en ftttaufll lavant que pcrfécuté, Ceft au me -
(«7)
Loeque , V aiiktlmon , CoUcffon^ & une' multicude de Tages Amaceurs de la Phi-- lofophie naturelle , & enfin , prefque fous nos yeux , Sabine Stuart , de l’il- luftrc Maifoii de Stuart) pofTédant in- ter.c^tuellement le but, & ayant atteint, faut-il dire , celui qui eft phyfique , n’écrivent que fous des figures tantôt myftiques . quelquefois chymiques , & enfin numériques } néanmoins comme ils ne fortent jamais de l’analogie du Mercure philofophique , &c. par le rap- port du Mercure vulgaire j que leurs opérations non-fophiftiques , mais vé- ritables , d’un rapport à l’autre fe fui- vent , on peut , & Je confeillc même
ment qu’il fecouroit dé tout fon pouvoir rhumanité tyrannifée par les Charlatans , ou délaiflce des habiles Médecins vulgaires , qu’il fut arrêté , conduit en priibn , & traité de Sorcier , comme il le dit lui-même dans ion Triomphe de C Arché, Scs Contemporains, plus que fuffifamnient inftruits des propriétés de fa Médecine, fe lailîercnt mourir dans un grand âge , fans l’encourager à laiffcr à la puftérité un bien au-deflTus de tous les trélors • du monde.
(SS) _
de débuter fous leurs aufpices , apres toutefois les avoir bien réfléchies \ car , quoiqu’ils enveloppent la vérité fous des opérations numériques, métaphyflques, ehymiques qui font dans la Nature & dans la vérité, il eft bien certain que û on les fuivoit à la lettre , que l’on dé- penferoit beaucoup de tems & d’argent, ce qui eft contre la vérité 5: le lenti- ment ünivcrfêl des Adeptes , n’importe dans quel règne ils l’aient offert à notre entendement. Ainfi , fans faire aucune opération quelconque , fur-tout lorlquc l’on n’a ni le tems , ni la commodité ,, ni la fortune, il faut purement lire, comme l’entend Zach^irc , jufqu’à ce qu’on ait reconnu les vrais principes & l’efprit des principes que chacun nom- me & peut nommer U matière pre- mière , jufqu’à ce que, dis-je, on foit cer- tain de la route que l’on doit tenir, C’eft le moment de pafler aux épreu- ves , non dans la croyance que l’on réuflîra , mais afin de préparer (bn ef- pricàTupportcrU lumière philofophique^.
(h)
c’eft - à - dire , ici le feu des travau'î.
Je lirois trois ans la Clef du Sdnclueiire P hilofophique , & alors je mettrois la main à l’œuvre , ayant Ba~ file y alentin fous les yeux.
Si , de Taveu de plufîeurs Adeptes ^ ils ont palTé jufqu’à trente ans à la re- cherche de l’œuvre, comme ils le difent, il faut croire qu’ils n’auroienc tout au plus reconnu que les fept premières marches qui conduifent au vrai Tr inair c'y mais rcfTouvencz-vous que plufîeurs ont pofc ces trois caraûeres en cette forte 5. 4. 5. Si vous connoifîez quelques- uns qui s’éloignent de 4 , ayant ren- contré le premier j , foyez pcrfuadé qu’ils en font bien cbigncs.
Nous voici arrivés a la race Chal- déenne, qui, dans trois ou quatre mille ans , pafTera pour avoir été la première & la plus véridique clafic des Philofo- phes ; c’efl celle que je défigne la troi- fîcme & la derniere clafTe qui ont écrit de la Philofbphie Hermétique , comme s’ils avoient furpafle les Zoroafire j ce
( 5>o )
font , le dirai-je , des imitateurs grippa f de l’Abbé de Villars , Auteur du Comte de Cabalis , & d’une four- fnilliere d’autres Sophiftes , toujours prêts à fe rétraélcr , parce qu’ils n’a- voicnt pour but que de fc faire paflcr pour de grands Hommes , lorfqu’ils n’étoient que d’infignes plagiaires dans toutes les fublimcs branches de notre Philofophie.
L’Amateur, le jeune Difciple, fc gare fiins peine de nos Anrtgoniftes , quoi- qu’ils foient armés de préjugés , de rai- fonnemens captieux , ou de fotcifes groffieres , A: enfin de condamnations aulTI ablurdcs que contraires au fenti- menr de la lage Nature , que nos Phi- loloplies nous ont dévoilé. Mais peu- vent-ils ne pas tomber dans les pièges des Sophiftes qui les encouragent , comme un pere à la vertu | lorfqu’ils les mènent dans tous les fentiers du vice déclaré contre la Philofophie Her- métique }
Non , il n’y a pas de danger plus
( J O
imminent que U Icfture d’un faux Philofophe , d’un homme qui vous in- dique le faux chemin qu’il («ut tenir , avec alTurance de la réuflite. Peut on enfeigner celui qui mene droit à Co- rinthe , fi on ne fait pas meme dans quel continent cette fameufe Ville eft bâtie l Combien de Livres faux , & combien plus de Manufirrirs qui décc- lent l’ignorance du Compofiteur , qui affcûe de tenir an langage femblable aux Philofophes qu’il ne comprend pas ^
Oq peut bien reconnoîrre un vrai Ignorantj mais un Sophifte, comme jigrippg. , qui a fini par acculer fa faute, n’eft pas fiicile à diftinguer. Savant juf- qu’au bout des ongles , comment foup- çonner qu’il n’eft que copifte, que fu*- pcrficiel , qu’erroné ? Il s’en falloir de beaucoup qu’il fut Magicien *, nos Sages ne reufienc point exhume en cette qualité.
Redonnez , impitoyables Sophiftes ,, vos bras à la terre •, car c’eft dans ce «hc min feul où vous pouvez manger
(51)
du pain fans amertume : ne faites pas comme ce jeune infcnfé qui m’avoua » en 1781 , étant aldrs dans un âge mat , prcfence de deux autres per- fonnes , qu’il avoir fait plus de qua- rante Cahiers des prétendues Clavicules de Salomon (l). Voyez ce que j’en ai dit en 1772. Tous Us jours enrichi de nouvelles fostifes , je combattois ces Ecrits , aufli impies que fophiftiques , pendant que l’Ignorance fufcitoit à un jeune étourdi de multiplier Tes crimes.
Je ne finirois pas fi je voulois , non pas prendre les intérêts de la vraie Phi- lofophic , mais combattre contre le vice, qui vient de tous cotés pour nous em- pêcher d’arriver jufqu à elle.
Les animaux , les végétaux & les minéraux ont leurs principes j mais les animaux & les minéraux font plus fui- vis : je dirai pourquoi.
(i) Je m’apperçols que j’ai parlé plufieurs fois de cet Homme ; mais lî je le condamne comme un Sophifle , je le confidere aujour*- é’hui comme un Homme Ibeûl*
(93)
Le Livre de Thot donne également la route qu’il faut fuivre pour pofTcder la Médecine univerfèlle par l’un de ces trois régnés. Ainfî c’eft à tort que l’on déprife celui qui paroît parler contra- diéloirement au régné que l’on fuit , ou dont on a entrevu les principes. Tous les régnés ont leur fel y leur foufre 3c leur mercure (i).
Nous fuivrons ici les trois régnés jufqu’où le peu de Science que nous avons le permettra ; mais de maniéré que chacun de ceux qui auront leur fentiment particulier croiront que nous n’avons eu qu’eux en vue ; néanmoins c’eft une vérité que je les ai tous trois , & que quand je voudrois n’en avoir qu’un , cela ne me feroit pas plus pol^ fible qu’à tous les vrais Philofophes , puifquc, comme eux, quoiqu’infiniment moins avancé ,'je traduis les Egyptiens \ & c’eft une vérité , que Ci je parois nou- veau en quelque chofe , c’eft que je
(i) VojQi cc que j’ai dit dans ce Cahier.
(94)
cherche dans le Livre de Tkot^i prendre .ce que je n’ai jamais lu ni entendu ail- leurs.
Prenez le quatrîeme feuillet du Livre •de Thoty 4. 8. i z, ou du Jeu de Cartes nommées TarotSf ( dont la racine cft A Rofchy qui fignifîe commencement (i); ce qu’il faut tourner ainfi : Qui nd pas U commencement de la Science ou de la DoBrine , s^abuferoit de croire quil peut entendre le milieu & la fin le hic* roglyphe , que les Ignorans ont nom- mée Y Etoile ^ ( il y en a toujours eu) cft le fécond jour de la Création.
Les Egyptiens ont mis fur ce feuillet l’animal , qui eft la figure triphibie , *me vie & corps , androgine ou mâle te femelle , & regardée comme neutre , tenant des deux fexes , te ayant en elle Tes quatre Elcmens & Tes. trois principes.
Ils ont aufli mis le végétal (1) , qui
J
(1) Voyez le huitième volume de M. de Gibelin.
( I ) Sur l’arbre qui cft dans le quatrième feuillet du Livre de Tkot , la plupart dci
( 9S )
cft audî triphibie, ame de la Nature., TÎe à lui & corps , ayant de meme Tes trois principes & fes quatre Elcmens.., & dans fa neutralité donnant racine , corps & branche, & de ceux-ci feuilles, fleurs & fruits.
Ils ont auiîi tracé fur ce feuillet le minéral, placé entre le talon &c le ge- nou de l’autre jambe de la figure; ce îinétal cfl de meme triphibie, ayant en lui fes trois principes & fes quatre Elé- mens.
.Ces trois -régnés doivent leur exif- itence à un même efprit qui les a pé- nétrés dans le fens propre à leur être & manière d’être. Le fujet qui a reçu cet erprit étoit dans le repos , mais re- pos préfent , imperceptible : le fujet étoit livré au combat des trois Elémens, eau , feu & air , la terre n’étant dans ce moment que le vafe qui contenoit
Fabricans de Cartes en ont ôté le Papillon que les Egyptiens y avoient mis, A Stras- bourg , il n’y cft pas ; à Bordeaux , ils ont mis un Oifeau,
(pM
le fujet ayant vie , approchant de l’ef- prk imperceptible , coulant^ approchant de la Nature , fubjlance aquatique , vivifiée par Tignc , & tranfpercée par l’air ; enfin de ces trois régnés , com- pofes par la Nature , on en extrait de l’un ou de l’autre les trois principes palpables que Nature lui a donnés par les Elcmens *, c’eft-à-dire , en les ac- tuant , en fe fervant du fecours de l’Art, qui ne doit pas altérer le régné que vous aurez embralTé. Le plus grand myftcre , difènt les Philofophes , eft de remonter vos trois principes à un feul elprir.
Ayant féparé vos trois principes , il eft bon de confier au foin du Sagittaire , qui eft un animal âpre & allant ou ar- dent d’arriver vers le cœur du Ciel , votre (bufre S>c votre mercure } mais pour que ceux-ci fe confolent mutuel- lement, traitez -les en enfans gâtés, leur faifant un très- bon feu , qui ap- proche du Teu qui eft chaud , de l’eau qui eft humide , & de l’air qui eft lec.
Lorfque
‘(97)
Lorfque vous paflTerez dans les plaine* YCrdoyanres , ou qui commencent à verdoyer, ôc que vous verrez les petits Pâtres allant tout bellcmeiît devant ou fi vous voulez derrière leurs troupeaux, carrefiez ceux-ci Sc brufquez les autres, parce que les enfans a^ifient /buvcnc malignemenc.
C’ell , fongez-y, au bout de ce champ, déjà trqp verd , qu’il faut mettre la main à l’oeuvre , qu’il faut abreuver, mais par invers de la Nature en deux cas qui ne font nullement liés d’ana- logie car dans le premier , vous faites dévorer votre fel , qui bientôt dévorera le foufre &c le mercure ; & dans le fé- cond , vous fubmergez le volcan , comme l’a dit plus paraboliquement notre Maître , ce qui eft en haut eft égal à ce qui eft en bas , & ce qui eft en bas eft le mime que cc qui eft en haur.
Les fujets , je dis les régnés , doi- vent être les plus nobles , &: leurs prin- cipes portes à leur [régénération ; mais fi , je le répète , vous altérez les règnes , -• • ' E
<98)
îes principes périffenc à Tindam. Nature ne -yeut rien d’injufte : ain(i , conferve? in vie de v>os régnés ■; & pour en retirer les principes , nourriflez - les Suivant Kiüure , avec ce qui leur eft le plus fsvcuirable. L’animal aime l’eau, mais il ▼eut .du feu & de l’air t le végétal aime l’air , «nais il y^eut de l’eau 6c du feu ; k mmcral akne le feu > mais il veujt de l’air de lkau.;.& ces. trois Elémens font en’poids & mefure de principe , dans chacun .de vos régnés ; 6c vos f cgnes font en m-^^uritc dans les fîgncs qui répondent à leur amitié ; aind , çou- foirez les Philofophes Aftrologues,
Tout revient au meme , parce que tout viem de x .5c remonte à i i néanmoins les routes font toutes trois difîcrenres ; mais là nanfte de chaque regne nous les indique au premier fon- timeiic qu’elle nous donne , lorl'que pofledant U Science de la Terre & celle des Cieux , on peut crahlir iâ hafo ou la bafe de fon .ceuvte for le medium.
Le yegét^ eft le plus prompt pour
{P9)
fopcration -j c’eft ce qui , apres les der- niers Mercurts , commençant par les premiers Alcihiade$ , a fait naître des Médecins dits vulgaires , qui ont employé des végétaux meurtris & dénués de leur premier agent , air , & par conféquent altérés dans la vie S>c U Uimiere,
Les végétaux , ravis de leur premier agent , air , font devenus làns propriété pour remédier aux maladies occaiîon- nées par le manque ou la putridité de l’air J ce qui a engagé les Médecins Ga^- léniques de dire. ces maladie* incurables, qui pourtant ont été guéries fur-le-champ & radicalement par les Médecins Mi* ncralogiftes & Spargiriques,
Le règne animal tient | pour le tems de l’opération , entre celui du végétal & celui du minéral , quoique Nature foir , quant à elle & au rems , infini- ment femblable dans la produrfiion de fes trois régnés \ le laps de tems efl: donc abfolument le meme dans les trois régnés , fous U main de rhabll?
Eij
( lOO )
Artîftc qui emploie le5 mis ou les autre* des principes.
Le reguc animal a fait naître des Médecins Spargiriqucs , tels que Loke &. autres , mais qui ayant meurtris &: dénués de leur premier agent , eau , les animaux ( J } , par coniéquenc altéré leur lumière Scleurame, les ont en-' gagés à renvoyer les «maladies occafion- ïices par le manque ou la putridité de l’eau , aux Médecins Galliniques ou de
fi'i Dans Ifs trois principales clafles des JHéiccîns que nous av-ons 3if}ourd’hui, l’Ecole ayant en vue les végétaux, Les Spargiriques ayant en vue les animaux .{ celle-ci com- mence au}ourè[’)iuâ à reprendre ) , & les Chy- miques Minéralogl-flcs ayant en vue les mér taux , & ce qui cft de leur refTort , comme minéraux împirf^aîts^ d’a-près la Pjiilofopfn'e Hermétique, l’Ecole la plus ancienne^ & celle qui fans contredit a le plus d’ordre dans fe? operations ; on ne peut, c’eft une ■Tcriié , lui reprcxriier que de n’étudier que dans un tems ou ^eile îie conçoit pas aflez^ l’étude étant f’c tous les âges , & particulic- Tcment dans la inarturité- i-es Anciens fc rc- pofent trop fur les découvertes des Jeunes , qu’eux Anciens ont dans leur jcunelîc four yent rejettées.
(ïOl)
l'EcoIc, & aux Mincraiogiftes ou Cliy* rhirtcs , qui îés ont déracinées fur-le- champ , ôc ont rétabli par£aitemcnt k» malades.
Le régné minéral eft aulourd’lmi le plus Taivi, le moins cm 5c le moins connu ÿ parce qu^aucun régné n’a été plus tourmenté , $c en confêquence plus fait errer & plus laie douter ; il eft dit le plus long pour l’opération du grand oeuvre.
Ce régné, dont nous allons ci-après parler , parce qu’il égare beaucoup plus* d’Amareurs , a fait naître les Médecins Chymiftes ; mais comme ils ont fur-le- champ meurtris, dénués de leurs feux , vraie lumière , les minéraux , 5i altérés leur ame 5c leur vie , ils ont renvoyé les malades aux Spargiriques & aux Galli niques , qui les ont fur-le-champ guéris.
(lôi )
Méfume dé i'n ^ue nous venons de dirti Les Estes i & leut ofdre déSrét
nintà^x. ^ ^ ^ ‘Lüjiiîêfc#Art»^#
, fjL’âîf it Viàüit t§im§t Vîf.,,, lumm§,
ffm§t > t f y perr.Çf Corps, îpgmua^é.
E0. UUsüne préfire ^ a rgppor$
}-’EçpIe, , . ^ , Les végétaux. L’air
Tolatil,
La Chymifte. , Les minéraux. Le feU
aéiif.
La Spargirique. Les animaux. L’eau ,
fluide.
L’Empirique. . Tour L’expé-
rience.
Le regne minéral efl; le plus fuivi & le moins connu , quoique le plus chanté : c’eft dans ce regne evi faute de connoître les premiers élémens de la
Phjlolopilic Hermétique , cjttmrt veut reporter is Icuie propriété’ îrartrmufâ'»» foire contre le' fen'timent da grandi Hermeâ Si de tous les PIiUofopKes,- cîui dilenf toits d’tïne vovi^ ûn'amn’îe' «qite les parties de U Mirfiïre’ iom dans fùiï rouf y ^ cJiM î^ciî^iê de c4 tour- èft dans toüces fMfk§ âi prsrtdfe
â /®*î li§ des ofè>p!îes
k km m ^
^eîü fîogÿ rkfl p^îjf
les Ddilpleÿ f etiJîèiîf «ils mêmff cIa- qaaiîfe ans d’cwde j U litffiroîf powr» tant d# diffi que les tro}§ prioeipe? re- portés » leur efprit , font parde de es meme efpâç , Sc ne fonr plus principe , & on verroit que l’on feroit de l’or avec de l’or , Sc que l’elprit de l’or n’a pas betoin de s’accoupler avec l’or vulgaire pour Oter la lepre Sc perfectionner uu corps , je ne dis pas feulement métal- lique, mais des trois règnes , animal, végétal Si minéral (i).
(i) J’ai un peu abrégé cct article; mais
E iv
( ro4 )
Les Difciples doivent donc entendre <5ue tel régné qu’ils fûivent , ils peuvent y rencontrer l’objet de leurs recherches , qui doit être pour les uns ôc les autres h Médecine univerTelle ^ dans lequel ils trouveront non feulemenr, comme beaucoup le^dcfirent , la propriété de tranfmuer ou nettoyer les bas métaux, mais de nettoyer leur ame & leur
' les deux précédens peuvent facilement ame- ner le Ledeur à ce que j’ai omis ; & voici ec qui réparera cette petite négligence , prove- nue de la fatigue. ■
Animal tranfpercé de feu , aime l’eau, 8C perd l’air le premier.
Végétal tranfpercé d’eau , aime l’air, & perd le feu le premier.
Minéral tranlpercé d’air, aime le feu, 8C perd l’eau le premier.
S’enfuit :
Le corps eft I4 feorie des trois Elémens , & fe nomme terre. Retournez ainfi :
L’ame & la vie font la lumière du végétal*
La vie & la lumière fontl’ame de l’animal*
Lavlumierc & l’ame font la vie du minéral*
Ame , vie , lumière , le végétal.
Vie , lumière , ame, l’animal.
Lumière, ame , vie , le minéral.
( 105 )
corps des dernieres particules du vîcé & de l’ignorance , le terme de la Phi- lofophie Hermétique étant la fcience & la fagelTe que poircdent les véritables Adeptes au point le plus éminent de l’humanité , approchant du cercle de la haute intelligence fur - humaine , toutes ces chofes étant écrites mot à mot & intelligiblement dans le Livre N de Thot , qui eft , je le protefte , l’ori- ginal de tous les véritables Tentimens & écrits philolophiques.
Pour parler à nos fens , tout ed matière ; c’eft-à -dire , que dans la pré- paration du grand ccuvre tout eft feu & eau , (Sc air , Si terre *, mais en ne pariant qu’intelleékuellement , tout eft eau , feu & air *, & ayant reconnu ces fept nombres très-diftinds , Ci on peut entendre les grands Philofophes , lors- qu’ils difent de monter à dix le nombre, la forme & la propriété , propriété de la forme , forme du nombre, & nombre lâns compofé , comprenant tout , ils f roteftent que l’on crouyera^ dans es
£ y
( lo^ )
complément de 7 à i o , la vie , la lu- mière , l’amc & rcntendement propre , comme on le voir à l’animal.
C’cft donc dans le nombre i o dé- compofc que font contenus le tcms > le lieu , le poids , la purification , la réu- nion , la multiplication , l’œuvre dans l’œuvre , les principes dans les Elémens, & l’arae , la vie & le corps dans les régnés.
Pluficurs des vrai* ou faux Difcîples d’^rmwconnoiflTent toutes ces chofes j les principes meme des trois régnés leur ont été nommés par leur nom , ou la ledure des Philolbphes le leur a en- feignés i mais fort que vous ayez la con- noiflance des trois principes , ou pure- ment de leur fimulacre , avez vous conçu , vrais Difciples de la Science & de la Sageflfe , ce qu’ont entendu les Arabes, qui avoient copié les Grecs, & ceux-ci les Egyptiens , par Scienct divine, An facrél Enfin jpofledez-vous l’œuvre ? Que dis ;e, l’œuvre! Etes-vous certains feulcinent de la vraie connoif-
( *07)
fance des principes & de la route qu’il faut renir pour les conduire à la perfec- tion de Tunicé ? Non , avouer • vous dans la lînccritc de votre cœur (i). Vous n’avez donc pas conçu ces deux
( 1 ) i/ cy? bien certain que je ne parle pas à ceux qui chymifent 6» qui traient toujours faute d’un point ils (èroienr déjà pofl'efTeurs. Qui n’a pas la Méde^ cine univerfelle pour appui dans la trans- mutation f n^jl jamais en fa vie deux fois maître defon procédé \ mais Jivous arrive^ à la transmutation avant L'ceu- vre , rétrograde^. Le tems , la confiance & la venu vous conduiront avec certi- tude à la Médecine philofophique. La tranfmutation que vous ave^ faite , 6» les milliers de tranf mutations que vous voye^ fous vos yeux , font la preuve de fon exijlence. Comment ne pas entendre tous les Philofophes ? Cela n’ejî pas concevable : défi qu'on néglige d'exami- ner rigoureufement la Nature dans fes fonTiionSt
E vj
( I oS )
titres? Vous n’avez donc pas déconr- pofé divine Science , facré Art , & ainfil Art divin , Science Jacréel Vous n’avez donc pas compris que ces quarte mots , les plus clairs , les plus grands de toutes les fèntences des Sages , étoienc nom- bres , & que les nombres donnoienc les formes , Sc les formes les propriétés? Non, continuez-vous. Mais vous croyez donc cette fublime Science toute ma- terielle î Divin n’efl; donc à votre en- tendement qu’un (ens , qu’’une expref- fion vulgaire î Science ne vous parok donc qu’un fynowynie avec Art^ ou au moins une expreffion plus forte î Et Dieu f ici comme par-tour ailleurs, i>e ▼ous paroît- U pas plus puifiant que \ Homme , que la Nature , que quelques Phyliciens modernes rendent injufte-» ment fynonymes î Et enfin, dirai-je, connoilTfz-vous la Terre, connoilTez- vous le Ciel, pour prétendre remonter à la connoifiànce de la première ma- tière? Avez- vous quelques notions des nombres , phyfiquement & intellcc-
( 109)
tuellementî Toutes ces Sciences, je le protefte , font ncceiCiires •, & fî quel- ques grands Philofophes ont cru ne pas devoir vous en parler , ils ne vous l’onr pas moins recommandé en vous déve- loppant la Nature , prenanr chacun une marche qui vous invite à les fuivre phy- fiquement , numériquement , aftrolo- giquement & même chymiquement i car il n’y. a rien au-delTus de la haute Chymie, nommée Alchymie,
Ne croyez pas que, comme un hon- teux Sophifte, je veuille vous égarer, vous troubler, vous eaufer de l’amer- tume. Je vous l’ai avoué , je ne fuis pas Sage ; mais trente ans d’étude m’ont conduit aux premières vérités de la éa- gefle.
L’eeuvre efl véritable ou il efl: faux. La vertu & la candeur dans les Ecrits de nos Maîtres ne nous permettent pas de croire qu’ils ont vemîu nous trom- per : les premières vérités que nous trouvons , nous dementiroient.
Sil’cEUYre efl véritable, il efl dans U
(iio)
Science ÿ comme celle-ci eft dans la yertu ) 6c tout eft proche de nous.
Le Ciel ne gouvcrne-c-il pas la Terre comme Dieu régit le Ciel î Et les formes peuTent-cllcs être fans les nombres j & les propriétés peuvent -elles être fans les formes dans les trois Mondes , Célefte , Elémentaire & Sublunaire ?
L’uiiité I n*eft pas nombre *, il ne peut avoir de forme ; il n’a pas non plus de propriété ; mais il a l’elTencc qui efl; lui , & renferme toute propriété ; enfin c’efl: de lui , de I , que découlent tous les nombres , parce qu’il les pofTede , non par /l’étendue , la forme , la couleur , le poids , 6cc. mais par effence , étant ce 1 , cette unité fimple , fans compofé , pour ne refTembler en tien de" tout ce qu’il produit.
Décompoféz lo par 3 & 7 & par 1,2, } , 4 , il ne refte plus qu’une feule clef, qui eft dans 5,4,3, que moi- meme je ne pofTede pas.
Si vous venez à la vraie connoiftaHce des principes , ne vous fâchez pas du
( 1 II )
retard qu’apporte celle de la trituration , &: n’en prenez pas occafioii de divul- guer ce que l’amitié ou l’étude vous n appris i car vous vous mettriez dans le cas des dclccndans de Pammenès , à qui les Sages Egyptiens ne voulurent rien apprendre , parce qu’ils s’en étoîenc rendus indignes par leurs indilcrétions.
Je fais que plufieurs , qui foi-dilânc faveur tout , vous diront que je cherche à voler avant de favoir marcher ; mais j’ai averti que je n’avois pas encore palTé 7.
Je lais de meme que ces fourbes , dont fourmille la Ville, & qui cherchent à -former des dupes , diront que je fe- rois bien embarralTé de m’expliquer plus clairement que je n’ai fait j mais je protefte avoir dit à la lettre les neuf principes des trois régnés , & la tritura- tion jufqu’à l’avant-dernier degré de U perfeélion de l’oeuvre , que je ne pol^ fede pas ( i).
(i) Foui écrire de l’oeurre , U faut l’avoû
\
(ut)
Je fais que l’ignorance la plus intrue croira empêcher de lire l’Ouvrage en filant quelques gambades littéraires , ou fauts périlleux , ou en jcttanc quel- ques cris aigus -, mais cette Sentence des Philorophes , n entreprends rien avant de conjulier la fin , vous fera Un plus grand & plus sûr préfervatif que tout ce que vous pourrez entendre des Ignorans.
Si vous dépenfez votre fortune pour faire l’œuvte parfait , je vous jure que vous êtes dans une faufle route ; ce que Je ne dis pas tel , fi , par le moyen dé la Chymie , vous cherchez l’épura- tipn & la multiplication des métaux ; mais ceci n’eft pas la Médecine univer- fclle , ni le grand Art tranfmutatoire : il en eft de même de chercher dans les trois régnés des remedes vulgaires qui portent à la dépenfe *, mais ils ne font point l’œuvre.
fait; cette affertlon n’cft pas jufte . quoique fouvent rejettee. Trévifan en eût pu écrire ^vant d’avoir mis la main à iœuvre.
(il?)
En aucune des branches de Philofô» phie naturelie ou Phyfiquc occulte , il n’en coûte point d’argent ; qui dit le contraire , eft un impodeur ; & qui ne peut Te palîer d’autrui , n’eftpas parvenu où l’étude m’a placé.
Il ne faut commencer le grand oeuvre que lorlqu’on le conçoit clair & précis , & qu’il le cele par trois axiomes numériques , modelés fur la grande Nature j car en général ce font les épreuves làns art & fans Icicncc qui fourvoyent le Difciple, le dégoûtent , & lui font fouvent dire , préfencc de l’A- depte, que la Médecine univerfellc Sc le grand Art tranlmutatoire Ibnt des ■folies humaines.
On croit les Adeptes ttes^-'iares , c’eft pourquoi on eft étonné d’entendre à cer égard des traits merveilleux , qui font préfens ou peu éloignés. Il eft plus d’Adeptes dans ces momens que nous n’en croyons , encore qu’ils ne foicnc pas nombreux en raifon du nombre des Hommes. Mais qui dit Adepte , dit
( ^ H )
i ic qüi dk un Sage dit tin Sé'fiîfti'e' quî fait fe comporter ( i ) Sc liéüréüxv s’enfuît qvf un AdeptCV é&ii^xé pü'fekq'uemént ne (êrek pdâ ÿ ^ éé' fêio^i ùi^j^
dkékmf k §^Mé’ k nm k <i^é- fifikk §àmnf êm mftm
km i#M?g!i-gp? |ic dj§ f^s ijnj^ hki^
, .m^îLfe «a? ém£
p<>ui: pgrlçf 4^ fepj
mmbm-
l’^i Tipçpmwjifîje A4«pft!^
4iiïcrfipje5 (e^ifcs U 4? l? S,9.-
cict^c J f en gi ffji f econiidître naflOî-
naux &c d’Etrangers $ j'en ai cru rèçôu- noîtne de diffèrentes fedcs , &: néan- • inoins s’entendre fur la vérité d’un (èuJ ék unique Dieu , Créateur de toutes çhofes. Ecoutons prélèntement parler
(i) Jetiez vos yeux fur le feuillet du Livre de Thot nomme la Folie ou le Fou , & vous verrez que les Sages lui ont mis fa bourfe au bout de £bn bâton , pour vous dire qu’il faut que la Science Ibit cachée dans votre intérieur.
( )
la Natüre ^ qui eft fidekment fûF le 4' feùiüet du Livre- âé ’î'hùL
fais conip’of^é dé i ët.fit' I ^ & je re&'nî§ 5 depuis îé foriiïïïef dé ffîil
f4ré U{q&s§}m§ kfUmë àê më§ fkâh iki nm tfm fémfë§ ? f# mé§ ^mi§ ^
de« êutfi^9 fégn#« oflc çé avj^fljc ipioi ^ apfis flw>| s
léurs principes rcnpis mifim 9
fnenr le npjpbfé 9 , q^i ajpuîié » nm9 efprk, ipapéfé préinieré; égal* 19 »
I cfl le principe umyeriel qui , çcjawf nos régnés , forme 4 > ( k mpteur fans règne & ûns principe , fans palTé , (ans avenir ) qui , tous réunis , font le nombre I4. Si tu ôtes le moieur, nj trouveras 13 , qui eft la Mort; mais pour revenir à moi- même , qui fuis Nature macrocofme & micrpcolme , qui ne fuis rien , qui fuis 1 & fuis 3 & luis 5 pour demeurer z Ôc ne former que I & chercher 10 (i).
(i) Réunifiez cet Ouvrage complet, 8c lîfez-le avec attention ; mettez aufli ibus vos yeux le feuillet que je traduis.
( I ïé )
Je ipe divife en } , tête , corps 5C membres , auquel fi tu ajoute légiti- mement I , tu me trouveras égaler 7 i ôc fi tu foufirais 1 pour parler à tes Tens, je monterai k xO'j niais je m’évanouirai à ton intelligence , pour me Caire en- tendre à 14. t tête y 1 avant-bras y t bras , £ mains , i cuilTes , z épaules y 2 pieds y & I mon corps.
J’ai le nombre 7 Sc celui de que, pour railbn vulgaire & philofophique y Nature cache j j’ai en moi 4 objets diftinéls , cœur, foie & rate , poumons & inteftins ; ce 4 cft ma vie ma lu- mière , mon amc & mon entendement emblématique philofophique.
Je compte i , je compte 5 , je compte 6 , je compte 7 , dans lefquels je trouve 1,3 &: 4 , & enfin je fuis nue, échevelée, fur ma fille , un genou pofé , Si tu vois avec quelle prodigalité je répands ce que tu dois bien amalTer, pour de 1 , 3 faire un entier. En toi regarde-moi , tu verras ma fimplicitc , SagefTe de Science te feront données j
< H7 j
jnaîs vois fur moi une unité i , quî par un (cul mot m’A créée , & de mon 4/n« Natu. e 'fixée. ''
Comment eft-il poflible de douter de l’exirtence du grand œuvre , lor(^ quon réfléchit une feule minute ce hiéroglyphe , où la vérité eft démon- trée d’une maniéré (i palpable, 6c (èelléc de fcpt axiomes nun^ériqu«s 1-+- 1=51, i-^-i==5* 3*+’4==7‘ ï“*-4 = 5. i4-é=^.8. J-+-6=9, 6-+-4Zz:ï O.
Cette démonftration eft fi (impie & fi naturelle , qu’on eft étonné que l’en- tendement ne l'e porte pas au moment même fur la vérité j mais la raifon nous inftruix du pourquoi.
Si la Philotbplde Hermétique étoît aufTi commune qu’avant le 'déluge, moment ofl l’Homme étoit devenu (i pervers, puifqa’il porta la vengeance Divine à arracher les ans des ans , que deviendroient les véritables Sages , les Hommes vraiment vertueux , & enfin deux même du vulgaire , qui vivent dans la crainte du Seigneur de ramouc du prochain )
<IiS)
Sages H»mmes , maurcz plutôt mtÜe fois que de révéler un fècret qui por- serpic le trouble , la défolatioii & le délclpoir : continue? de faire lesbien { fnais faites-je toujours d’une maniéré que l’on le donne à la Science & ^ rhumanicé vulgaire. La Science & la Sagefle , dans leur réunion , font le vrai &c unique bonheur des Mortels ; poutf- quoi la lântc & la fortune , qui en font les attributs , leur ont- ils corrompu î’elprit i
Il faut des Adeptes ; mai? il les faut tels qu’ils font produits , élevés & nour- ris par la recherche & la polfeflîon du grand rouvre. Kcîevpns les nombres çi-deflus julqifà notre Tpherc 7.
I Dieu , Z Homme } j rayon de i, 4 Univers , 5 Etoile blanche , d la puiflance de 5 par i , 7 réunion de 5 A: 4 , donnant la foi , l’adoration le filence.
Un véritable Adepte de notre (îecle dilbit publiquement ; Doutez-vous que h Médecine uftivcrfclle exifte î venw
' / I i9 )
m’en açhetçr j Doutez - vous que îa tranfinuracioxi dçs métaux loic ycricablcî venez m^en acheter : jç vçnds l’une ^ l’autre moins cher que la Sagefle , parce qu’elles ne lui font pas comparables | mais j’exige que vous foyez dignes d^a^» voir de l’une ou de l’autrç , pu de toutes les deux.
Oui , difôit-il à haute voix , je fuis poflêlfeur de ces choies : je vous le dis dans la vérité ; & j’en ai fait un ü grand amas , une récite fi abondante , que meme jç vous en donnerai pour rien , fi Dieu , les Hommes dt vous-mêmes n’ont aucun reproche à vous faire. Cç Icntiment & les conditions çtoient lé-r gitimes , & il s’en trouva plufieurs qui jçurent l’une Ôc l’autre.
La tranfinutatlon ne pgroît , on peut le croire & même le dire , impofîiblç à plufiçurs, que par l’humeur qu’ils pren..’ nent contre ce grand Arcane , qu’ils ne peuvent pofleder, Lllç ne paroît 4 d’autres impoiîîble , que parce qu’ils veulent pas examiner le km propre de
( lio)
U tranCmutation , qui n’eft , comme tous les Philorophes ne celïènt de la rcpréfenrer , qu’un cpurcmcnt ■& une nutrition des bas métaux , & non une divine procréation (la pureté augmente ic poids ) , ce qu’il cft pourtant facile de concevoir , en failant des rapports les plus proches , 8c même feniibles & inconteftables , puifque ces rapports ne font que d’un régné à l’autre , & pris fbuvent dans le même rcgne.
Si par le feu on veut monter les mé- taux à leur pureté vulgaire , il eft bien sûr qu’on le peut ; mais en rapprochant Bc relTerrant en eux la vie qui ell prcf|5re à leur maniéré d’être , éas métaux , on met un nouvel obftaeie à leur vétirable nutrition ; il n’en cft pas de même quand étant munis du germe de la vie auquel ils tendoicnc , vous profitez de finftant ou ils font en fufion pour la ieur infinucr , pmfque dans ce cas la vie véritable que vous leur donnez , pcrfc«51ionnc la leur , & tue tout ce qui leur cft contraire , comme le verd ,
l’aigre
(in)
î'âigre , lacreté ; enfin , on poufroît dire Les quacre humeurs corrompues , puifiquc cette nauvclle & véritable vie eu ce germe auriüque fait dans le métal ce que la Médecine faii dans l’animal , & l’un & l’autre dans le végétal , cet un & cex autre étant dans oc cas nommée* huile. ( Si vous prenez la caille du Prinr tems & que vous la portiez à une cranl^ mutation naturelle , Tuivant l’Art pure- ment chymique , de l’huile qui vous en viendra, froctez-en à tems arrifteraent «quelques ceps de vigne , ainfi^dc tous autres arbres.)
Tout dans la Nature Te tranlmue^' ou, comme on voudra dire ici , va à fa nutrition & à fa perfediou. L’Artifte pouvant aider à la Nature , comme U Nature aider à l’ArcLfte , il s’enfuir donc qu’ayant l’elprit pur de l'un de ces trois régnés, que la tranfmutatiou eft auflU facile qne viûbicmenc prompte , fuivai;!: le fujet prop.ofé & l’habilciü; du Adepte.
Jouant à la Médecine .uwverCeili^,’
P
1
( 111)
eflc tient fi fort à la marche de la Na* ture , <juM eft ctonna«t que d’habiles Phylîciens ne raient pas fenti j mais la plupart des vérités les plus fenfibles- tiennent pour erre reçues aux fêntimens adoptés ; & tel qui parle pour ou contré la vérité ou le men longe « ne les a {buveur pas en vue , mais l’intérét ou le prétendu dommage qu’il auroit à efi- fiiyet ; & dans ce eas , c* ell toujours préfixer le repos extérieur à celui inté- rieur 9 (ûivaM la confcquence de lobjec
propofé.
Pour abréger ce difcours , 'renvoyant le Leâeur à cous Maîtres , je ter-, minerai p^ dire que j’ai toujours ro» gardé Td^Jiit de la iMédedne univerlèlle comme une copie de la grande morale p qui, par une feule puiflànce divine, peut nous laver de toutes iniquités , & phyiîquemenr ootiuire le n£C plus idcrà de ta propriété de tous les remedes vul- gaires , qui , apprêtés par le vrai Sa* vant , fait échanger de lieu ou de na- fï^rc la maladie , donnant , ||)ar ce
(iM)
jBoyen , un libre accès aux particules de l’efprit uiiivcrfêl qui nous environne de toutes parts ; & fi on ne fenc pas vérité de ce que je répété , d’après tous les Philofophes , c’en: encore une des vérités à mettre de côté avec toutes les caufcs qui nous échappent, jufqu’à ce que la poftérité les éclaircifle , (ans toutefois porter préjudice au fêntimcnc général qui exalte les trois principes , k\, fiîufre & mercure jufqu’au dixième Ciel fans vouloir les couronner.
Avant de pafier au Tableau général’, qui ofire les Livres de Thot dans fit divifion deiepr, ce qui démontre ea tncAie- rems les fèpe Ages du monde ( i )•
(i) 3) La Lune iinou U tendre fance^ dont le Génie ejl Gabriel , qui Jî^nijie la puijfance de Dieu,
^ Mercure dénota la puérilité , dont le Génie ejl Raphaël, qui jègnijie Méde<* eine de Dieu,
? Vénus dénote ü adolejctnce ^ dont
Fij
( i»4 )
Nous aSons ffeprcfcntjex eu Ouvrage iîibÜjne ifdus les quatre Ages , comtue ayajaf fulvi le pUn géaéral de quatre Livxes.
A « £ p*0 il.
Le premier Livre nous reprefeme paiÊiiKïment l’Age d^Or^ compofé de 4lotize feuillets , depuis x jurqu à ix i
leGinlt Aiuuelj qui Jlÿnif c PtupU Àc Vicu.
m Le Soleil icaate Ia j^untfe^ dont UGajùc hA\ch^\^ ^ui^j^niJu MaiJojf.
JLc Dieu,
Mars dénote la. doni U
Génie Samuel , qui fignife uide de Dieu,
V Jupicer dénote la vieiîhffe , donS U Génie ejl Satbicl , .qui Jigni^c jujlice
de Duum
h Saoxme dénote fage décréfU « dont le Géme e^ Caphid ^ qui Jîgni^ tériU de Dieiu
('»?)
i\ abroîumenc qa’uti entrefîeti h Divinité, d-e Ibii e/Tencc Sc de fes Œuvres , âc Tous tel point de vae qui noos touche : c'eft l’Homme dans le Paradis rerreftre, rempli de la feienae Si de la lâgellê bumaine.>
A G i d'Akoint,
L’Homme commence à décliner ; ce n*crt plus ce premier entretien avec foti Créateur: dans ce Livre; compofé de cinq feuillers, depuis i ? Jufqu’à 1 7 , la Créature delîre ce qui lui eft impoflîble de polTcder. L'Homme quitte le centre de la Vertu , cette' fage fimplicité qui TunilToit au principe ; il ofe jetrer les yeux vers le dixième Ciel pour le pé- nétrer ( I ) ; orgueil donc il n’étoit pas agité dans le premier Livre.
Due vertueufe innocence nous /oit au principe , au Moteur divin : nous n'étions pas lui ; nous n’avioas
(») Homere nomme le Ciel voûte d’airain.
Fiij
(tlf)
^jpas Pambition d’en approfondir la raf» fôn : en voulant la chercher , nous nous femmes perdus. Etoîc-sl ncceffairc de fàvoir pourquoi nous étions heureux ^ Ke fulËroit-ii pas que k bonheur ^ût fuAe Sc véricâble t
A « I O *A I 11 A s K#
Nous avons donc péché t Oui. Et qui ne ie croiroic pas , en réfléçhi(Tànt que tout e(l bien , ÿc que dans ce tout cft. bien nous vivons dans les chagrins , les maladies & Pamertume, infirmités dont nous ne pouvons pas rejetter la caufe fur la fage Nature , mais fur notre feule ignorance.
Dans ce fécond égarement, pou- vons-nous être éloignés de l’Age de Fer? Non. La Folie nous a tendu les mains pour entrer dans le troificme Livre. Il ctoit jufte qu’elle nous conduKc dans le quatrième , puifqu elle en eft l’Ambaf* fàdrice, comme elle eft la Souveraine du troificme^ compofé de cinq feuillet^
( ïï?)
depuis 1 8 julqu’a z i , & le zéro o , ovi elle fe pronieiie , fans avoir de bornes ni de place Umicées ( i).
Ag£ pz Fzr^
Nous voici oil nos égaremens nous ont conduits, & oi\ nos foiblelTês nous retiennent } peat-iî être «ne plus cruelle pofltion pour des Etres parfaits, acca' blés de chagrins , de niifcres , de ma- ladies aigues ou langoureufes f Sc tou- jours dans l’apprébeiifion de la mort • pire que la more même î
Acharnés les uns contre les autres , dénaturant nos alimens , nous les ar- rachant des mains , dans la vue de nous en fouler (euls j acharnés contre nous- mêmes , croyant à tout &: bientôt à rien , fans refpedt pour la vérité , abju- rant les rcfpedables loix de la Nature , maudiflànt notre exiftence , ou , par
( I ) J’ai parlé ailleurs des lieux où elle fç proraene.
F iy
(itS)
un fèntîment auflî outré , lui doniiairr rang parmi le Dieu, Créateur de Tü- nivers.
Les Sages ont nommé TAge de fer le momenr, le palfage de la vengeance j Age qui ne fera détruit que par le dc- compûfë de l’éau , de IVtr & du feu -, U terre perdra Ton nombre , fa forme 8c fes propriétés: elle fé dilToudra par l'air, le feu Ô£ l'eau , &• perdra Tes principes qui dilloudront les Elcmens , qui eux- mêines rentreront dans l'unité (i.)* Le Riche avare, le Pauvre méchant, la
(i) Ce moment de la grande tribula- tion , fuivant les -premiers Egyptiens , neji pas le dernier des Mondes phyjiqucs qui doivent , avant leur dijfolution , rentrer O rejier un tems innombrable dans leur première perjeBion ; il faut entendre cela égard aux Hommes qui redeviendront jujles , fuivant les inten- tions de VEternef & nous n'aurons plus defots pronojiics fur la fin des Mondes,
mcdiocrîrc injurieufe , enfin tous îes Hommes , feront fur le même banc de- vant le Trône du grand lOU*, car nul depuis la création Jufqu’à la deftrudioti n’en feront exempts ( i).
Dans ce quatrième Livre , les Sages n*ont rien épargne pour nous faire en- vifàgcr tout ce qui eft contre Dieu , les Hommes & (ôi-merae; ils nous offrent le tableau de la vie humaine , telle qu’elle de voit être dans l’Age de fer , c’eft-à-dire , quelques étincelles de la primitive vertu , débris du précieux germe que le Créateur nous a donné en naiflànr. Quelques ades d’humanité, puifés dans la Icnfibiiité de notre cœur, qui ne peut point être fourd aux cris de la Nature, & enfin quelques généreux pardons i mais enfuite quel hideux ta- bleau ! mille maux voraces , occafion- nés les uns par les autres , fuite de notre
( I ) Voyez ce que j’en ai dit ailleurs , en prcveirant qu’ayant la diflôlution tous les Hommes feront dans la Icience & dans la iàgcirc du rEtcmcl»
F V
( Mo)
Ignorance, qui conduit & dirige no* penfécs 8c nos avions avec un art trop recherché , lorfqoe la fage Nature » même dans nos plaifirs les plus fenfuels , nous indique une route aufli belle.& au0i fiinple qu’elle tend à la perfcdtion ; mais il faudroit un nouveau Peuple de Sages pour tolérer nos foiblelTes 8c nos maux , adoucir ceux-ci 8c les anéantir,
Confidérons à prélent le Livre de 7kot fous les divifions par où il doit être lu , pour en avoir promptement la clef.
1 tout, réuni de plufieurs parties, comme ici de 78 feuillets , formant un cercle , dont le commencement 8c la fîn.cft 1 ou 7 8 feuillets (i), offroit aux Egyptiens le caraftere ouïe hiéroglyphe de la Divinité -, ainfi , le Livre de Thot vu comme un fcul Livre , où tout l’ü- nivers étoit renfermé , leur ofïroit donc, ainfi qu’il doit nous le reprcfenter , le
(i) J’ai dit ailleurs que l’Ouvrage ctoit cftmpofé en 77 & en 78 feuillets, Ce nombre efl triangulaire.
( M I )
hiéroglyphe de l’Eiernel , dont Técer- jiiré , figurée comme cercle , cft l’e(^ fence •, ainfi ce Livre fut décrit comnae I , unité, & comme cercle , éternité. Cette première figure annonçoic (ans contredit la fcicnce & la (àgelîc des Mages.
En deux Livres j ils nous offrent le commencement & la fin de toutes choies phyfiques , qui ne font pas en loi éternelles, tels le commencement de l’Homme , (brti du fein de l’Eternel , & la fin de l’Homme rentrant dans le fein de l’Eternel.
En trois Livres ; le commencement, le milieu & la fin de toutes choies, fublime figure relative à toute la Nature en grand, & dans Tes plus indivifibles parties , enfin dans toutes les penfées & les aéiions humaines.
En quatre Livres ; la figure de l’é- tendue, qui , c’ell une vérité, fc rap- porte à I a , comme )e l’ai dit ailleurs. Tout le décrivant circulairenaent , l’U- nivers offrant les nombres a , 5 » 4 »
F y)
( nO
& I i , & au-deflus runîtc i SS iS , fait raccomplifTement , elle comprifc , des trois perfedions morales & phy- fîcjues,
£n cinq Livres ; c’ed volontiers la téunion de i & de 4 , ou i occupant le centre de 4 , dans lequel Te décrit le trinaire 5. Il faut entendre întelleéluel- lement que le nombre 5 circule fiins difeontinuation de 4 à ^ , ce qui lê démontre facilement à l’aide des figures géométriques des formes numériques.
En fix Livres ; ils nous offrent la (b- lidité de tout l’ouvrage , Sc intelleéluef- lement la perfeélion dans le grand ordre , l’accord & le dilcord, celui-ci, fui vanr notre entendement, borné dans le monde fiid.
Enfin en fept Livres ; (notre enten- dement , ) qui eft une revue générale dans le décompofe de tous les autres 9 &i rapporté à Ibn nombre 7 une intel- ligence perpétuelle de fcience & de Cn- geffe humaine. Voyez la table numé- rique que j’en ai donnée dans le précé^
(ïn)
dent volume ; pour la bafê de vos feuil- lets , 4 fe reporte àii,jà8,6àirj;
7 ài4, I à 10,1 ài3, } k réfléchiflànt , après quelques jours
d’une folîde étude , vous convîendrex que quand je n’eulïè eu que ce fêul indice à donner , qu’il y eèt eu une extrême ignorance de ne pas regarder le Livre de Thot pour un Ouvrage fciencifique & philofôphique.
En quelque diviiîon que foit ofîèrt l'Ouvrage, il eft toujours en 78 feuil- lets ; & (î vous anagrainrrvatifeK 78 par S 7 , ajoutant ces deux nombres (eparcs
8 -f- 7 I 5 , tout enfemble formera 180, qui eft la moitié de la fphere & la Tomme des trois côtés de tous les triangles , ce qui eft formellement la preuve d’un Livre compofé avec les vues tendues fur la plus haute intelli- gence humaine , qui ne peut découvrir phyftqucment plus haut que la moitic de la fphere ou cercle horizontal , ce qui eft la preuve que les premières dî- viûoiis les plus naturelles font en r , 4 ,
(134)
7 , parce qu’aprcs 1 1 vient 1 1 par re- pos , ou I J par mouvement , 4 ren- voyant àj, 3à4,&4à5,i5 dViî- Icurs étant le dernier décompofé de 78, dont il rcfte 3 , & le cjuotien de 180, diyilé par iz , 3 vient 4} & fii vous divifcz le quotien 1 5 par 3 ou 5 , vous trouverez Tordre des Livres de Ihot en cette forte 4, 1,7, 3, 5
Tableau numérique de la divijlon des Jept Livres , SC partie de ce qui a été omis ^ pour plus déinf~ truclion.
En un Livre,
( I julques & y compris 78,) cft un
(i) Le Studieux ne doit rien oublier de ce que j’ai dit plus haut, comme, par exemple, à la Philofophie Hermétique j cari, 3, x c= 6 , qui font par-tout inféparables ; il faut auili remarquer que tous les nombres fc pla- çant d’eux-mémes, annoncent quelques dif- cours i la bafe «ne fois trouTce , on verra que rien n’eft plate en vain : au contraire raturellement& cofnme forcément , ils pren- nent à fur 8c mefi’>e Tordre qui leur cout
yient , iwvant is (u’et préavis ou Ijdvi,
( iH )
entrettcn fur TUnivers , dans la forme Ôc le gouvernement des trois Mondes, rupéricur , harmonique & inferieur,
£n deux Livres.
( I jufqu’à 21 ,) bonté, permiflîoa & ordre divin, ( Le zéro 0,12 julques & y compris 77 , ) puilTancc humaine , fcnfible , & faux ordre.
En trois Livres,
Verbe, principe, accord, agent i unifiant , patient, ( 1 jufqu’à 12,) Dieu parlant aux Homme?. ( i 5 jufqu à zéro 0^1 foiblefle humaine. (12 jufqu’à 77,) toutes les Sciences, l’Hiftoire, la Phyfîque vulgaire , la Médecine (i),
(1) Les Médecins embraient généralement U régné qui leur paroü le plus propre à la guérifon ; néanmoins , Jbit étude particulière de l* un des régnés^ ou foie inclination , ils portent ajfe^ vo- lontiers leur Jeniiment fur Lun ou L au- tre , m$is , comme je dis , par goût j ait
(>î«)
Bc enfin routes les Sciences & fes Arts libéraux & raéchaniques *, je dis que les principes de toutes les Sciences & de tous les Arts qui font utiles à la vie de l’Hoinine , a fon bonheur , & meme à ion honnête agrément, y font tracés, f'oyei ce qu\n a dit jeu M, de Gcbclin,
En quatre Livres,
{ I jufqu*à II,) Dieu^ créa ^ fane- tifia ôc lé repofa. ( t ? jufqu’à 17. ( jufqu’à Z 1 & zéro.) (iz jufqu’àyy.) (1).
contraire les anciens Modernes ne Je ièpartoient point du régné qti ils avaient une fois adopté ^ & de ce côté j'avoue que fi L étude eft la bafe de ces différens fentimens , que la Médecine d aujour- d'hui efi préférable j j en ai afier^fait entendre la raifon page 100,
( 1 ) y avoue que dejt fous cette divi- fion que j'ai , dans mes premières études de ce Livre y cherché à t'approfondir ^ aidé des fages avis d’un Jage Piémoa-^
im)
En cinq Livres,
( I , S , tj, la, 1 1 , 1 1 , )Ie (îgne de l’unité, i. Les cinq derniers nom- bres n:; 50, repréfenranr parfaitement
Sois (a) , très^âgé , & fe difant peste fils D’Alexis du le Piemontois. Il étale fin» ^ulurement injlruii , ù dijcouroit avec
(a) Etant à Rouen , en 17/7 , je fis la c«a- noifTîncc d’un nommé Lecomte , Pari/îcn , furnommé le Voyageur ; & fur ce qu’il me vit occupé à la Cartonomancie Franqoifc , il me dit qu’il connoilToit un Homme qui en falfoit autant que moi , avec de grande» Cartes ; 8r (ûr ce que je lui témoignai le plu» grand defîr de le voir ôc de parler à cet Homme, il me dit que je pourrois peut-être le trouver à l’Orient , où il étoit allé pour s’embarquer. Je partis dès le même jour pour cette Ville ; mais Vy ayant cherche , j’appris qu’il êtoitallé à Lamballe, où je le trouvai; & jugeant de ma cariofîté par plus de cent vingt lieues Je chemin, il me fâtisfit autant qu’il fut en Ton pouvoir, me donnant des Notes par écrit fur le Jeu de Tarots y qu’il nomma Livre Egyptien , Icfquellcs Notes fbnr encore en m-s mains. Enfin Alexis me propola de m’emmener outre-mer ; Si fur ce que Je ne voulus pas y confentir , nous nous quiitanaes , après huit jours de Ibciéré » dtc«
( M8 )
le grand & divin nom de fEterneî en hébreu. ( i , 3 ^ 4 ? / , ^ » 7 » ) couvres de Dieu. (135 14» a 7 , ) tout ce qui eft à l’Hoinme Ôc dé- pend de l’Homme, par ordre , permif- üon ôc bonté divine , dans le cercle de THomme» ce nombre ayant en lui le
vnt fageffc & une prêcijion qui faifoîeni concevoir net fes idéet.Siypar exemple ^ il parlait du Créateur ^ il faifoit fentir ^ rapport à la Nature phyjique y la nécef- fité qidil fut de tous les tems , foit par les anneaux de la Nature mime , foit par le divin Ouvrier qui les avait fabri- qués & liés les uns dans les autres , de maniéré que l'on n'en découvrait aucune foudure.
Il faifoit comparoitre le menfonge au pied de la vérité , par une fourmilliere de métaphores , dont une feule , prife fans choix, pourra nous donner quelques légères notions de fon amour pour cette vérité.
iU9)
I O du multiplié 5 , & le i » de l’alTem- blage des nombres vulgaires, (18,11^, a 0 , 1 1 , O , ) la fbiblelTe de rHomme ▼ue comme foiblelTe, (zx jufqu'à y y
U foiblelle de rHofome voe comme
orgue)!,
Uh corps quelconque ( fu/pojé une pierre ) s'offroit-U à fes regards , U Uif- foie préfuppofer quel poids il pourroU avoir ; ù continuane , il dijoie : Je ne puis pas exiger que vous dijleii^jujle fon poids , parce que vous n êtes pas dans l'habitude de juger du poids Sun corps fans les balances y ainji je demande feu^ lemtnt que vous en approchiez le plus pr^s qu'il vous, fera pofjibie , afin de vous faire feniir que le menfonge fe met toujours de mime te plus près qu'il lui ejl pofJibU de la vérité , parce que te ne peut être qS en lui fai faut allufion quil peut entraîner les Ignorons. Pefons tout avec les balances de la Science & de la Sagefje^ & nous aurons pour nous la jujiiee.
C MO )
S-ri Jîjt Livra,
/
( 1 , 8 ,) Dkd , fotj repos en ïui* ( i » 3 » 4 » 5 > ^ > 7 . ) les fix Jours de U créânen* { ^ , lo^ II, i2,)Ie ùeaü de l^Iiafitionîe dans la Nature Ten- fibie. ( , 14 , ij i lé, 17,) Na-
ture phyfique, (iS, 14,10^11,0,} défeâuortré apparente dans les inouve- inens généraux , & déreéluofiré réelle des inouvemens particuliers. ( 1 1 jul^ qu’à 77 , ) vertus Ô£ vices confondus par l’ignorance des Hommes , & les huit fois fept chemins difîerens qui leur font offerts pour arriver au faux bon- heur.
£n fept Livres ( i ).
L’unité au centre. ( i , ) T)ieu lui" mime , feul . par lui & en lui. (8 ,) mou-
(i) Lifez !a vingt-quatneme fedion , cha- pitre premier , du Pymandre , ou la Perifés de Mercure TriC't^éf'ifte , qui lui didle fept échelons, & le huitième toucljant , rentrant, comme étant le premier formant i & 8 ,
( fi» )
cément ic repos ( i ) , ou la pcr£câ:ion," ^ui n’eû x^u’en Dieu, {9, i p, i i, ï ^ ,) £eu£ c€ qui eA Dieu, lui-rnême, Juftiçe, Teaipérancp, force Prudence (i);, (*• » f * 4 » î » ^ » 7 ») prifeienoe divine de l’Efcruité {ç coramunjquanc par Ce$ xFuvjcs , qui mis à leur vrai uombre i , ^ » i »4»fs ^ f * '* - ^ a « I a - t-i 5 • e;n(êinble j 6 , ellp s’éfcnd fur les Hom- ipcs par 1 ^ » a •+• j ^ ^4- 4 » qui
Efprit que vous (entirez en ayant Ip prcmicf & le kuhicipe feuiljlet fpus les yeyx. U dit ^oncàia première ceinture croit & décroît en lui, c’eû-i dire , coule d'un tord à l’autre ^tcracUcmcnt ; à la deuxieme , eft entre- prifp des maux ; â la troifiçmc , cfl trom» perie ; à 4a quatrième, ambitioR ; a h CÎn» quieme , propbapc ; i la Ijxiemc,, ajécliaa.'* ccté ; à lafeptieme , menlônge ., ignorance ; t rentre à l’unité i , qui eft force , louange çn l’unLté ,xe^qui aivant caraderife parfai* tementies Vertus pppoféçs au reptenairc i i ionç PoppofitioM cft O , les ténèbres.
<1 ) En l'Homme fut le repos , eBiuite le oipuycojenf , & enfin Iç repos.
(i) Aucuns PfiiJoCophcs n’ont atteint le but fans avoir rinterprétatjon de ces quatre b 'érogtypiies en tout leur feas » qui font cha<i) ftta 7*
(«4»)
iSonne des nombres infiniment Juftesà i6,i5,34,=;75,, 5 au-defius des intelligences 75, (»• vient 37, nombre par lequel dans cet eiptii les Cabaliftes n’olcnt n ombrer, voyant ce nombre ainfi l entier -H 37-h S , & fouftrayant
I de S , refte 4 5 & 3 •+- 7 = 10.(1 3 , I4,ï5,l^î,i7») vertus de l’Homme par 31, 41, 51, <5i, 71, en tant que corps , vie Sc ame. ( i ^ , i ^ , 10 ,
II , O , } innocervce troublée f pas iiv- certains , inquiétude. {ti juCqu’à 77 j) I^ature remédiant perpétuellement Sc en tous lieux à rignoranœ de l’Homme, Si. enfevelifiant tout dans le tems.
Ayant infifiéliir la manière d’étudier le Livre de TÂei Ibus ces trois di vi fions > 4 s 7 ♦ je dois démontrer que i en eft Terprir, 7 ie terme, êc 3 rirucUi- gcnce , ce que fon voudra bien déve- lopper dans ce que je paroîtraî abftrait , ceci étant la clef, qui ne doit être con- nue que des vertueux Ledeurs. 4 cft la fcafc fur laquelle l’Homme peut s'appuyer,
d’où il doit partir pour remonter à
(145 )
I , t &: I , & redefcendre x , t , $ , 4 » J » , 7 J ^ iS. Vient 7 , & riiuelli-
gence fe prend de j f 8 , auquel Û vous ajoutez , comme cela cft abfolu , 4 ^ I i , que vous divifèz par 4 ou par 5 , ce qui vous fait fentir rintelli- gcnce , &: vous porte ainfi fur cette même intelligence des deux côtes op-« pofcs , —
I O =?s î. Si vous avez trouve le terme par le centre 4 , ayant, comme je l’aî fait , remonté à 1 pour venir à 7 , vous devez doitc trouver l’elprit par la même divHlon 4. (4 vient i , tout cela n’ell: pas' bien éloigné ; aon ; car rie» 4e ce qui eft à la fciencc & à la (àgefle humaine u’efl; pas loin de l’Homme j c’eft une vérité qui vous fera certifiée par tous les Pbilorophes,
Ayaiu fi promptement trouvé Ter corce de votre balê phyfiquc 4 , de votre terme 7 , & de l’efprit du Livre de TAû/ I , il ae vous rcfte que Ton in-] tcUigence , que vous avez déjà réclaq mée en prenant 3 H* 5*
efi autant (]^uc Seigneur , pulflàncej
(*44 )
Commandement. $ efl compofé de i & <ic i , qui , liés , donnent 1 1 5c ii , ôc idéliés , redonnent 5 c Je dis déliés par addkioji^ &. par divifion du 4 qui fuir i : tour eela cft bien (impie,
fc n’irai pas ^ .■pour jouer du So- phifle , m’écarter de ia vraie route phK ioibpbique. 3 dGm>C4 ^ 7 » donne pas de même i’efprit qui lui eft donnée car il faudroit que ^ lui lôic lôumis , aa contraire c’eft i qui le /ait mouvoir, )X7si:ii,6c 3X4::=:iji5 & vous remettez le tout ain/i ; j , 4 , 7 i a 11 3, 3 , intelligence, reporte
k l’entcndemem tout ce qui eft de l unité de 4 daivs fCTnivers , de 7 à la Science &: à la làgeflje bumaine ; 6c pour entendre ces choies , outre ce que j’en ci dit page^ iB Sc i P du premier Ca- hier , 5c ailleurs , on prend rcfprit des ftorobres dans cet ordre , x.-j, 3.1,
* S'i f ^'4 * 7'S»
Enlùite, , <*3 » ^*4» 3.5 » 4.4, j.7, yiem. • • 7. 7* 7. 7. O, I a. 14 Ci 77.
f uy ) ^
Pour peu que Ton au fulvi (ans pré- renrion , peut-on croire que cour cela- 'oit TeHèt d’une imagination (ubcilc ou exaltée? Ne doit-on pas au contraire découvrir combien je garde Iç Hlence, rjour ôter le (bupçon que l’on auroic ^ue profitant de l’arrangement fi natu- •el de ces nombres , j’en tire avantage )our faire un étalage pompeux ?
^ influe Ton intelligence fur tout ’Ouvrage ; c’efi pourquoi on y voit 7 Livres ; & montant le 5 par 7 , on trouve au réfumé 1 1 feuillets pour les trois premiers Volumes.
En décompolânt toujours , fuivant les vrais principes de la Sçience des nombres, i , j , 4 , 7. ( i 2 feuillets du premier Livre, vient 112, refte 5,, qui cft l’intelligence de 1 , 4, 7, &: le ficn propre , ^ en remontant du der- nier au premier Volume , 7, 4 j 5 , i .) ( 7 S feuillets de tout l’Ouvrage , vient J 5 = f 4 , & à la fraction 1 i , 9 5*) (il, donne 4 Livres au quotien, 1 i à la fraélion i le nicme quotien 9 y . }
G '
< ■+«)
( Il pour remonter au premier Livre donne 7 , & 11 à la fraélion. )
Ayant trouve à la première fradioii % I entier , donnant julle le nombre des 1 1 feuillets des trois premiers Li- vres, le nombre faux de ii feuillets, pour les trois premiers Livres , dévoie {e prendre dans deux operations pour avoir ii , qui nous font provenus for- cément , conduits par i des deux frac- tions 1 1 I I î ainfi fuit la rroifierae 6c derniere opération du premier quo- tien 5> 5 . ( 7 vient i } , & 17, qui
eft le nombre des feuillets des deux premiers Livres. Ainfi , en fcroit-il de . n;éme, en partant du plus grand fomme , de 78 , progreffivement , &c divifé par
de. 6ic.
Si on croit entrevoir que toutes ces ' opérations numériques ont un rapport plus dired aux nombres qu’au Livre de Ihot ^ 6c enfin que je tiens la marche qui s’ofiSe à mes fens, foifanc Jouer de i droite a gauche les propriétés qu’ont les ^ ' ncnibres qui peuvent ie prêter à notre
C Ï47 )
imagination dans tous les féns. Je ré- ponds oi^e pour combattre la vraie route que pli indiquée , l’on commence d’a- bord par avouer aux nombres beaucoup de propriétés, au moins phyfiques', & c*e{l déjà avoir gagné du terrcin ; car c’eft une vérité que plus on a de lumière Turla nature matérielle, plus on cherche à découvrir comment elle opère , & enfuite pourquoi , & dans quelle vue » & ce chemin eft la grande route de l’in- lelligencc de la Nature , qui nous con- duit avec lûreté à Ton Moteur.
Lorfque j’ai pris un feul ou plufieurs nombres , i’ai toujours opéré à l’aide du Livre de Thot ^ c’eft- à- dire. Tayaut en entier ou par partie fous les yeux ; 6c je n’at jamais arrêté un nombre , que je n’aie été certain que je pouvois démon- trer la preuve de (on écoulement phy- ftque & inrellcéluel ; &: ce n’cft pas ma faute , Cl , accoutumé aux Sciences vul- gaires , Tefprit n’eft pas préparé à celles qui font intellectuelles. Au iurplus , Je le répété , je n’ai écrit que pour un peric nombre d’Iîommes , {àns en fixer au-
Gij
(•♦*)
Clins -, car , avec de l’application , toute k Société a le même droit -, droit , dis- je , de jüftifier que le Livre de Thot a été fait d’après les nombres , & non d’après lé fèntiment des Savans vul- gaires , & enfin que les premiers Egyp- tiens , en bâtiflant leur Ôuvfage , avoient plus en vue d’inftruirc la pofté- ritc y que les demi Savans n’ont le défît de nous cercUr dans le labyrinthe' de leur ignorance.
En paroifîant louvent mal juger les autres , que la Société ne penfe pas qué je veuille m’exalter : voilà ma jufîe ap- préciation , outre ce que j’en ai dit plus haut. '
J’aime les Sciences Hautes , définies par Phyjique occulte ; je les crois véri- tables , parce que je me rends certain de plufîeurs vérités *, mais je ne fuis pas encore parvenu à la Cabale , qui ren- ferme toute la Phyfîque cachée, comme la Religion renferme la Nature , & Dieu la Religion.
Je n’ai écrit cet Ouvrage, ou mieux
( Î49 )
cette trad'jdliion, précipitamment , qüd parce que j’ai craint que quelques Igno- fans , (ur la découvcrie de M. Court d4 Gibelin , ne Compolent quelques futi^ lires, qui auroient éloigné de la con» noilîance d’un Livre précieux. Si nia traduéVion même , pafTe pour futile , ce ne peut être que par le côté qui ne lui eft point propre ; &: pour iàge avis à ceux qui veulent employer leurs plumes contre les Hautes Sciences, je les prie de confidércr le peu de cas que la So- ciété fait des Réfutateurs, foie comme DémonomaniAes, ou comme Anti-lux : leurs belles raifons fc perdent avec eux. Au contraire fi des Hommes pro- fonds ont regretté le tems qu’ont pu employer tous nos Phiiolophes à dt$ Sciences qu’ils fuppolcnt faute de les cennoître , cliimcriques , ils ont écrit en inênie-tems qu’un BithA*ore^ qu’un Thaïes , qu’un’ Platon , qu’un Arijiote ^ qu’un Ticho- Erahé t qu’un Cardan^ qu^uu Sulimbourg , mille autres de
C ii;
( I JO )
nos Sages, occupoient comme des So- leils le centre de toutes nos lumières : vérité qu’il £iut détruire , ou fe ranger du côté des -Hautes Sciences, quand bien meme notre intelligence , trop ré- trécie , ne pourrok jamais les com- prendre. Terminons ce fécond Cahier.
I , 4 , 7 & 5 , celui-ci intelligence de l’alphabet du Livre de Thot , fe dé- veloppant par I , & coulant fur 4 & 7» on remarque qu’il y a
Dans le premier Livre , 5 fois 4 feuillets z:;; 1 j.
Dans Le fécond Livre , i fois 4 feuillets ; plus, la Mort = 5.
Dans le troilîemc Livre, i fois 4 -feuillets i plus, le 0=
Dans le quatrième Livre , 1 4 fois 4 feuillets , (ans refte = 5 C.
Total ,15) fois 4 , la Mort & la folie zz 78.
îÿ décompofé , remonte au figne
( ï P )
de la Mort par i 5 de 7 ; dans '9 « & dans (à troifiemc dccompoluion , il Tcrrouve VAmc de U vie , de la lumière, de l’ame & de rentendement ; & pour n’avoir plus en vue que le feptenairc fur lequel eft fondé le Livre de Tkot , on y découvre que 7 eft le plus grand nombre de Ion alphabet numérique , •comme a 1 caradériftique dans le dif* cours , chaque nombre portant ( pour approcher de ce que je (çns ) trois lettres -de l’alphabet , Bc le vuide de ces carac- tères, en raifon des nombres -, ce que qe vous juftifierai de 7 en 7 feuillets. Faifant 7 fois la roue fur 7S , mais non . pas fur '7 7 ^ il y a donc 7 nombres, — & J fois 7 véritables lettres & une fur- tive. Il y a 7 Livres principaux , 7 manières principales de le lire , & 7 de le concevoir ; 7 fois 5 allégories majeures ; 7 fois S allégories mineures ; 7 fois I I feuillers, le o qui n’eft qu’un (fenriment figuré -, enfin il y a 7 Intel- Ji^ienees eu Génies de tout rOa-vrago;
( *5* )
7 clefs J 7 portes , je les ai nommées i 7 propriétés par hiéroglyphes ; 7 ma- nières d’en tirer des Oracles , dans celles- ci font comprifes toutes Philofophies } 7 Ciels ou cercles , di/j les 7 dons ; 7 amis 5 7 ennemis ; 7 fois 7 , feptante ; 7 fois 7 chemins d’amertume dans la vie commune j 7 facultés écrites pour être Magicien ; 7 pour être (impie i 7 chémins qui conduifent à la Science; 77 à la plus haute (agefTe (i), &: 78 en Dieu, du nombre parfait 6 au-delTus de 71,
Notei que lorfquc vous êtes parvenu au 77^’^c feuillet, qu’il faut générale- ment que le 78^016 compte 1 , 5: ain(i le premier feuillet i , jufqu’à ce quç vous foyez arrivé à remettre le Livre dans l’ordre où il faut qu’il Toit pour avoir l’intelligence que vous requérez.
(j) Ce terme eiï la réunion de la vertu de la véritable Science, qui fc définit au nombre 7 fois 7 de U Cabale.
( MO
St m’arrête ici pour ne pas paiTer pour un enthoulïaftc , ou , comme je l’ai dit ailleurs , pour un Charlatan ; mais je ne puis me lalTer de répéter que ce Livre a été fait avec Science Sc SagefTc , & que l’on ne peut pas oppofer un fei •• riment contraire, lânsj au préalable , en avoir fait une lôlide étude; enlii foupçonner, Sc plus , dire que je n e fuis occupé d’une chofe vaine , c’efl; n e taxer , contre tout ce que j’ai dir , d’à voir abufe d’un rems précieux , pour me donner parmi les Ignorans un ton de grand Homme ; c’eft enfin , ne croyant pas le Livre de Tkoc le plus favant de tous les Ecrits qui nous fo t connus, aceufer celui quç toute l’Euroi c admire pour le plus grand Antiquai e qui fûit venu jufqu’a nous , de s’êt e trompé , ce qui (eroit d’une ignorance impardonnable. Au furplus , nous nous foumettonsà les lumières ( i ) ; & fi notre
(i) Cette manlcre de nous exprimer en plufîeurs eadroits , annonce que ie fond de Ou f rage étoit établi en 17^1: c’eil une véfûé.
f ‘ m)
enfemble ne paroît pas conforme à fbn ' plan , pour ce qui eft des Sciences mo- rales Ôc phyfiques , nous fommes dil^ po/cs à démontrer à la Société que nous avons dillerté jufte , dans celles qui tiennent le medium entre les uns & les autres.
- Fin (iu, fécond Cahier»
' r'
C H R
N O L O-G I E
E T
G É N É A ïl O G I E SACRÉES.
ADAM-
N O E , né en 1056
J A P tl £ T ,
E CON D Fils de N O É. VoyçzGcneft: y ch. ti , v. )
, meure en 2000, apres avoir vécu pjo ans
Nailfentr
|
< — s E M. |
Nuilfenc, 1338. |
Meurent. 2 1 38. |
|
Le Déluge. |
1S3S. |
1657. |
|
ARPH.AXAD. |
1S38. |
I99(S. |
|
SALÉ. |
1S93. |
2 1 26. |
|
H EBE R. 1 |
ï 1733- |
2187. |
|
PHALEGÉ. |
lyy?- |
1995. |
|
R E U. |
1787. |
202iy. |
|
S A R U G. |
1819. |
2049. |
|
N A C H 0 lé. |
1 849. |
1997. |
|
T H A R É. |
1S78. |
20S3. |
|
En zoa6 , N 0 É. |
Meurt 1 ans avant la naiiTan- CC d'ABRA» HAM. |
|
|
V ABRAHAM, |
2008. |
2183. |
|
M 0 Y S E. |
34dJ. |
One vécu.
600 ans.
1 an.
J38 ans.
4-55 ans.
^54 ans.
2JP ans.
250 ans.
2 JP ans.
148 ans.
20^ ans.
175 ans.
A vécu 5 5 ans du tems de Tft,isM£-
GISTE.
|
’^chTîTT ou Zara Pusht , |
|
|
ou P ZoKO |
cmier ASTRE. |
|
CHAI ou Z 0 ao M E Z |
lAAN , :coni ASTRE, m R. A ï M. |
|
5 ID ou Kt Z 0 R 0 ou P Mer Ajh |
ON, )ihemc ASTRE, :emier c U R I or/ J. |
|
SM E R fec OU qu Zo R 0 |
CURE >nd, itricme ASTRE. |
|
MER troif Tri-M |
CURE cme , )U ERCVRE, |
|
MER quat |
CURE cieinc. |
|
MERj |
CURE |
|
cinquième , ou prcrïîiet,5c vrai TRISMÉoiSTe. |
|
|
P H A R A 0 premier. |
I $4i.
i66i.
P H A R A O fécond , ou premier
A B I M I L E c.
iV. purent.
1804.
û'IC
833.
1700.
1736.
1807.
1853.
lÿ 1 §.
i8()4.
187p.
IP77.
198 1
Ont vécu.
243 ans. (a).
I 72 ans,
(A).
Ip4 ans. (c).
143 ans,
(d).
1 70 ans.
(O-
126 ans.
if).
143' ans.
(^)-
Règne très- peu, (A).
Régné 6t ans. ( i }.
120 ans.
Nous avons vi U Maître de Sacy, Liège 1 704.finicnr ( Æ).
Un de la vraie famille des Zoroaflres eft ap- pelle à la Puiflince Monarchique de fes An- cêtres ; il eft craintif fut le poids du Gouverne- ment,
Intefregiie. Les Cohiens , ou Hiérophantes , ou Sages, prennent les rênes du Gouveine-
>xiV—
'I
Rfpnf un faux Mercure , en prend ceux-ci ayant abfolumeiK opiné pour
r H A R A O troificme , ilTu du Moyje, 1455*
é nom ; il ell mis à mort malgré les Cohéens , qui étoient plus eftimcs que piiifl ju’^ fût vêtu de noir & renferme , parce qu’il s'adonnoit à la Magie des Caldéen
* i
fécond , & en remontant , du premier P h a r a o , regnoit lors de la nailîincj
P H A R A O quatrième , qui fut
■Les diflxrcrfs noms que les Pgypti
& d'autres fois comme Miniflres , &
■ebïlle au Seigneur, 6e foiffTrit les plaies d’Egypte.
:ns donnèrent à leurs Souverains , ont occafionné les divers (èntimcns des aiicj Ecrivains , tels que Sanehoniaton , iuiias , Porcins Caco , P/atcri , Jofephe l’Hiftorien , laml-lic , Laclartce Firmien i'autres d’après ceux-ci *, ce qui a , comme Je le dis ailleurs , occafionné de ranger les Mercures tantôt comme Souverar
nfin , Envoyés, Commiffionnaires , t< même Valets.
Les Hébreux, ennemis jurés des Egyptiens , en furent les premiers auteurs, 6e fuient luivis de toutes les diverlcs
qui p'vllcrent chez eux ce qu’ils avoient
jufqu’au moment oi\ celui de Pharao
N. B.
général' pris 8e dit des Egyptiens,
On peut faire une affei nombreufe colleélion des noms ou mieux des titres qui furent donnes aux Souverains <EEgy
rarut les renfermer tous.
i’Egyp
fous les HifiorienS AntiqUauÈs (ont d’accord que Pharao ou Pharaon fut un nom commun a plufieurs Souv il en eft de même du notai Zoroajlres eyïi fut avaût_le_.I-}sl!lg£Y/6i- donné apres le Déluge à Stm , à Jtpkt
I6c. à Charn , fùnfi qu’à
premiers nés.
(a) Sort de, l’Arclie en idjT.
(é) En l’an i7jo de la Création , Sc la 155'™' année du Déluge , il fe retire dans un lieu confacré au Seigneur : ce lieu étoit à rafe campagne.
(f ) Voyage avec fa famille; jette les premiers fondemens de la Ville de Memphys ; fe retire dans la folitude où fut enfiaite bâti le Temple du Feu ou de la Chaleur.
(d) Fait bâtit le Temple du Feu , ou mieux dit de la Lumière , en 1 S 1 9 , & s’y retire en 1 S } 1,
(f ) Il fut élevé dans le Temple /jufqu’sn 1851 ; régné jufqu’cn £311, moment où il rentre dans le Temple pour y reflcr.
(/) L’Egypte ayant alors une forte de confidence , eft troublée par la corruption des Peuples qài y abondoienc 6c indifciplinoienc les Nationnaux. MercBce? quatrième châtie, par les vêcemens noirs ( il y en avoit de trois fortes ) 6: par la! captivité , les corrupteurs ; remet la paix &; la docilité par- tout, &^e retire dans le Temple.
( g ) Il fort du Temple avec regret ;
t des Loix reçues , »
morales , politiques & civiles ; en ajoute de nouvelles (l)j diéle les qualités que doivent avoit les Souverains 6i le Peuples ; engage lés Sujets à s’adonner à toutes les Sciei élevées, afin de parvenir à la connoiftànce des Hautes Scienee? qui fe pratiqué't^nt dans le Temple. Il n’a pas d’enfàns qn lui furvivent. Il quitte le Troue l’an lo^tf , en feveur Pharao\
{ h ) Pharko ou Pharaon premier , Homme du pli grand mérite , pat fa lageftè , Ton favoic , & une Familll diftinguée. Il avoit été élevé dans le T empie , mais niMi defièin d’y refter; 8c fa pénétration lui avoit tnfeigné tu grande partie des Myfteres téfervés aux Sages ; fa mort pré matutée 8c précipitée fit foupçonner qu’il avoir été empôiJ fonné.
( i ) Il fuccéda à fou pere , fous la tutelle des Hiér» pbantes. Il eft ,1e ptemieé nommé Jbimtlee. Au milieu i ibn régné les mtrurs fe corrompent.
{k) Nous prévenons les Savans , que nous puifons I majeure partie de ces chofes dans le Livre de Thot , auqut nous les prions d’avoir recours , avant de juger, pat rappof à tout ce qu’ils ont lu.
(1) Platon fait Trifmégille Auteuf de l’Afl4î°g>' = de Tkot prouve qu’il en écrivit d’après fes Anjetres , ainli que de la Philofophie qui porte fon nom , & que lys (Æcs nommèrent depuis Stience Divine, & les Arabes, Art iecré, Afflégard de 1 Aftrologie , voyez Us cent Aphorifmes qu’U en a laifféeaSt qui font répandues
ea.i
dans tous les Auteurs, & particulièrement dans le laborieux .Ml fonnier,
N. B. Le mot ci-dcvant» dk ^ indique qu’ils étoient lenfcs mi pour le dehors du Temple. Un Homme , fans contredit tres-Sav^ m’ayant démontre que Triftmgijie étoit un des Sages qui vint dcv Moyfc , fous le quatrième Pharao,
SUPPLEMENT
'A U
SECOND CAHIER;
OV MIEUX, CINQUIEME LIVRE DES TAROTS.
S U R le verfo du titre , au lieu de en tout neuf Cahiers , lifez, en tout dix Livres , parce que celui qui a pour titre ; PhilofophU des Hautes Sciences , que j’ai ajouté, fert de premier Livre ; néanmoins, pour ma propre leélure , je mets les Sept Nuances à la tête de tout l’ouvrage.
Page 3. Et autres , lifez, S. Paul
H
< )
C>5S)
^ autres ^ qui ,pou{rés chacun d’un Sentiment extraordinaire , &c.
Page 4. Les quatre dernieres lignes de cette page , & les pre- mières de la fuivante , font plus dans la vérité que ce que nous en a dit feu M. de, Géhelin , qui 5 fur cet objet , dans fon Monde primi- tif, s’attacha bien plus au général qu’au détail.
Page 6. Car il ri^efl pas croyalle. Le reftant de ce paragraphe & le fui vaut 5 doivent tranquillifer les efprits inquiets.
Page 10. Enfuite un Pape. Le livre de Thot, (i) dans lequel on
Ci) Le mot Thot , offre, dans les quatre lettres dont il cft formé , le nom- bre des 78 feuillets qui compofent ce livreT 30.H— — I i.O — 7. T — 30. Voyez laPhiiofophie des Hautes Sciences, page 43. Mais un autre apperçu , eft que le mot TiirfAaroîÀeilEgyptien, dont celui
(15?)
Toîtplus fouvent un Jupiter qu’un Pape 5 eft déjà un premier indice que le Jupiter y a été mis avant le Pape 5 ainlî on doit déjà rejette* celui-ci.
Enfuite, reconnoilTant les hiéro- glyphes pour être Egyptiens , on ne peut s’empêcher d’ôter le Ju- ter & la Junon, qui font impercep- tibles chez les Grecs, qui ont lieu chez les Arabes, & qui font prodi- gués par-tour chez les Romains ; & ainfi de même eft-on forcé de rejetterdece précieux livre, l’Em- pereur & l’Impératrice , encore plus modernes que le Pape & la Papeffe , à coup fur , tous quatre
Tarots , ou mieux Tharoth , eft dérivé , pour marquer vulgairement un livre contenant tous objets foibles j coram» Thot tous objets forts : ces deux fens foni utiles à ce livre. ^
moins anciens que le Jupiter, qui ne fut rubftitué au vrai hiérogly- phe, une lumière éclatante, qu’afin ^d’offrir aux Arabes, d’une maniéré plus parlante , le fouverain Créa- teur de toutes chofes j mais ce Jimple changement fait un contre- fens étonnant dans la morale pri- mitive , comme dans la marche des fciences, & en général dans le fens & la leélure du livre de Thot.
Il n’en eft pas de même de tous les changemens faits par les Car- tiers. Les Arabes ont , en quelque Ibrte , pu remettre des hiérogly- phes qui revenoient plus k leur manière de fentir j ce qui pourtant corrompoit déjà l’original j mai» que les Carriers changent en en- tier des feuillets , cela eft encore pis.
L’ignorance où je le croîs, le démon } a tout fait pour que les
(159)
Manufcrits des Anciens ne nous parviennent pas. Il atout fait pour que les Livres qui contenoient les hautes fciences , qui nous forcent de ne reconnoître qu’un feul Créa- teur de toutes chofes , ne viennent pas à notre connoiffance ^ afin , fans doute , que nous tombions perpétuellement d’une idolâtrie dans une autre aufîî abfurde.
De vrais Amateurs me difenc tous les jours qu’ils croient bien que le Tarots eft le vrai livre de Thot j que 42 hiéroglyphes y font allez parlants ; mais qu’il en eft 36 qui paroilîent ne rien dire du tout. Efleélivementjils ont raifon ; car que fignifient ces bâtons , ce$ coupes , ces deniers ou rofettes, 8e ces épées , qui n’en ont pas feule- ment la figure , & enfin tous ces pe- tits fleurons qui les accompagnent ?
Il faut bien ces nombres , & en
(i6o)
partie ces objets, c’e{t-à-dire> lO,
9> H, 7? ^5 5? 4>3? ^ ^ ^ î bâtons 5 mais non comme ils font faits & placés. II faut le même nom- bre des coupes augurales (i), mais parties diiTcren tes , & toutes diffé- remment placées. 11 faut le même nombre des épées , mais faites telles qu’elles étoient, & autrement pla- cées qu’elles font. Il faut le même nombte de deniers ou argent , qui jadis étoient les petits-dieux , ou porre-bonbeur , ou talifmans j mais il faut qu’ils foient defïinés comme des porte-bonheur , & non comme desrofettesj & enfin, qu’ils foient placés jufte , pour figurer chaque hiéroglyphe , fans quoi ces 36 lames , ne fembleront jamais que ce qu’elles offrent à préfent aux yeux vulgaires J & l’infenfé, l’ignorant,
(l) L’ .'irrangement des baffes lames fur l’autel , inftruifoit tous les Mages des fe- crets de la nation.
c iSt )
jugera toujours mal du livre de Thor, de M. de Gébelin, de nous 3c de ceux qui , comme nous, affirme- ront que ce livre eft celui de Thot.
Page 12. Le nombre 2. Onze feuillets ont plufîeurs nombres , 8c avec les 10 derniers feuillets (tous nombres cabaliftiques portant des lignes & planètes } on trouve de ce côté 21 feuillets diftinôls, comme auffi 21 premiers feuillets diftinôls j & pour concevoir ceci , il faut fe reporter fur les pages 95 & 96 du troifîeme cahier. Deux objets à entendre.
1”. Quoiqu’il y ait des planettes de marquées , comme le foleil & la lune, les deux grands luminaires, fur les premiers feuillets, il n’en eft pas moins vrai que les planettes font vues, dans l’étude de ce livre, appartenir aux 10 derniers feuillets, comme les 12 lignes aux 12 pre- miers feuillets. - H iv
(.62)
2®. Que ^es doubles nombres du troifîeme livre 13, 14. 14,15, 15 , 16. 16 , iT". 17, 13. font afin d’indiquer , fuivant le livre de Tbot , la chaîne de la naiffance à la mort , la liaifon qui exifte entre l’afpiration 8z l’expiration de tous les êtres, &c.
. Page 13. Les quatre Vertus car^ dinales. Si vous n’étendez pas l’efprit des lignifications qu’ont ïes 78 hiéroglyphes, tel que j’en ai donné l’exemple aux quatre Vertus cardinales , je maintien» qu’il vous efl: impoffible d’avoir jamais l’inteHigence du livre de Thot.
Je confeille donc de fuivre la marche que j’ai tenue , en faifant 'de chaque fignification une table y de maniéré qu’avant de juger , je retirois de mes tables cathégorique» leslujets qui pouvoient parler en.- lemble.
(1^3)
Cet exemple vous eft donn dans toutes les langues ; en voici un trait aulTi frappant qu’il eft fin- guli-er. Un Etranger dit a fori Tailleur : faites -moi un habic équitable , lorfqu’il eût dû dire , faites-moi un habit jiifte. i
Ce trait vous fait auÆi entendre , en même rems , que j’ai eu raifon de dire quelque -part ; Annoncez le pronoftic avec l’invraifemblance que vous lui trouvez , -puifque , ajoutai-je ici , vous manquez d’é- tude pour approfondir la fcience ^ & rendre intelligible le pronoftic.
Lifez la note de cette page 13. ► • Page 14 , A' 5. Lifez de même , & encore plus attentivement y cet article du N°. y; il jette un îumieré étonnanté fur toutes les branches des hautes Sciences, qui font tracées dans le livre de Thot.
Page 15. La. vraie couleur verte.
HS ■
Ci64)
Les phîlofophes ont parlé de cette couleur , mais pas affez fuivant le livre de Thot. Je fais, leur dirai- je, que le blanc, le noir & le rouge , ont dû exalter vos efprits ; mais ce verd, qui ne quitte jamais ; ce verd qui eft au centre lorfqu’il £c cache à la fuperficie j ce verd , qui eft refpérance & qui la détruit lorfqu’il meurt avant fon terme ; ce verd , qui éteint de fon co- loris Iris , for, l’afur & le pour- pre ; qui enfin carelîe amoureufe- ment la lumière philofophique , qui s’accouple avec elle, ne méri-- »oit-il pas un chant féparé ? Oui.
Page i8. Apres que les âmes. Cette figure eft frappante dans le livre de Thot, & prouve que quel- que Philofophe grec le connoif- fbit , & que celui qui a tenu ce difcüurs , s’il nous eft parvenu Bntier , ne s’ eft pas permis d’éten^
dre la figure jufqu’au vingt'Unie- me feuillet.
Page 19. Fiz/fe e/z fix jours. Je dis 5 contre le fentimeiit de M. de Gébelin , que la création de l’Univers ne fut jamais dans le livre de Thot marqué en quatre jours , mais très-affirmativement en fix jours.
Si la création eût été tracée en quatre jours , le point le plus ef- fentiel du livre de Thot , au lens même de M. de Gébelin , feroit en coutradiélion.
Tout le livre , comme il le dé- montre , & comme on le voit , eft monté fur le feptenaire. Or , comment accorder que les vingt-un I ouvrages du Créateur furent faits l en quatre jours , lorfque la Genèfe , ■ qui dillingue ces vingt-uh ouvra- ges, porte la création en fix jours.
Il falloir , pour être d’accçrd
H vj
(.6g)
avec la Genèfe , confidérer deux chofes J 1°. vingt -un premiers feuillets, ou vingt-un ouvrages, & zéro J rien de plus ; 2°. ce que nous avons dit bien des fois , que l’Empereur & l’Impératrice étoîent des hiéroglyphes tout modernes, ^ais M. Gébelîn a reconnu le livre être Egyptien J & en en appor- tant des preuves irréfutables , il en a lailTé couler de faulTes j ce que ce Savant n’eût point fait, s’il eût regardé le Tarots , ou livre de Thot , comme un objet entrant dans le plan de fon grand ouvrage.
Réfumant le nôtre , nous voyons que le livre de Thor eft un des plus anciens livres qui nous foient connus , li l’on en croit Hèfiode , Sanchoniaton , Hermès dans fon* Pymandre , & autres anciens Ecri- vains; ce que nous prouverons dans nos leçons théoriques & pratiques-
C 1<^7 )
du livré de Thot. Enfin, queA^oc, qui avoit entendu la Création de la bouche du premier homme , fon arriere-dixieme aïeul put en ïnf- truîre Chain & toute fa lignée ^ jufqu’à Trifmégijie , qui vint au monde Pan igiS de la Création , & vit par conféquent Noé , fon arriéré - feptieme aïeul , Pefpace de 88 ans. Oh ! long terme de la vie de nos peres, qu^'ête?- vous devenu ! Nous ceffons d^être au moment que nous découvrons la poffibilité d’une carrière égale à la leur. Mais il n’efi plus tems ; l’ignorance k laqtielîe nous facrî- fions tous les jours de notre vie , nous apporte k fa^volonté l’ar- rêt fatal qui nous précipite en- core tout vivants dans les ténè- bres de la mcrt.
Page 2 1 (2) On a tant porté en mépris ceux qui ofoient parler
• (^68)
pour les Sciences magiques , que le lavant Gébelin , à l’exemple de beaucoup d’autres , s’occupoit , comme nous avons déjà dit^pendant la nuit de ce qu’il décrioit le jour.
Qu’étoit au fond la loge de Maçon qui prit la place du petit mais précieux nombre de Savans que vouloir réunir M. de Gébelin ?
Une loge de vrai Maçon , a & doit avoir pour but de dévoiler les hautes Sciences magiques que polTédoient les premiers Egyp- tiens ; mais où eft le Maçon qui , lorfqu’il fera interrogé fur les hautes Sciences , affirmera comme je le fais leur réalité ?
Homme comme tous les Maçons de l’univers 5 manqueroit-on à la charité fraternelle , en m’improu- vant avoir moins à garder qu’un autre , vu que je ne fuis point attaché à la fortune, aux dignités j
C 1^9)
aux grades ? Je fuis attaché à la rérité que vous cherchez , répon- drois-je ; & quelque mépris que les hommes, dans toutes les claffes, aient fait de moi , je ne l’ai jamais renié.
La magie exifte dans la nature ; je la fens dans mon fein , qu^elle anime ; je lui dois , oui je lui dois le jour , la vie & la penfée , comme k la caufe fécondé de mon être Sc de mon exiftence , & je ne dirai jamais , comme la perfide ignorance le fouffle à tout plein d*hommes , que l’étude de la fage magie de la nature, eft une folie. Maçons & tous autres , relTouvenez-vous que la vérité n’acccrde rien à quicon- que lui préféré de faux égards.
Page 27. Trois feui lets a la fois: C’eft, on ne peut plus clairement parler , pour ceux qui veulent lire dans le livre de Thot.
( 170 )
Nous favons bien que ceux-Ii voudroient en outre que nous traitaffions ce livre comme' l’on écrit élémentairement de toutes les Sciences & de tous les Arts; mais ces amateurs j amis de la pro- greffion de nos connoiffances , fe lieroient-ils enfemble pour nous récompenfer de nos travaux , pour nous encourager à continuer nos veilles , pour enfin payer l’impri- meur ? Nous en pouvons douter, après le fort de feu le maître de l’antique , Géhelin , vi{51ime de fes travaux immenfes & de fes. décou- vertes inouïes , dans un fiecle où l’on fe pique de ne voir qu’en ■grand: Au furplus , nous protef-- tons que nous n’avons jamais pré- tendu cacher les principes de la leélure du livre de Thot, & que la confufion qui régné dans notre ouvrage , provient de ce que nous
C ‘zO
y avons été en partie forcés par îi fcience même , par les hommes & par notre manque de Grammaire en général ; & enfin que fi Averroes a fu développer les ouvrages 6*A- rijîotc ^ qu’il eft des Savans qui ont moins de peine à éclaircir le nôtre.
Page 31. On voit dans le pre- mier tableau nume'rique de cette page 31 , I , V. Z , XVIIII , &c. les nombres pour l’art de deviner y dilférens les uns des autres.
Les nombres i 5 2 ? &c. étoient ceux que les Arabes avoient copié infiniment jufies d’après les nom- bres Egyptiens , qui étoient carac- térifés par des lignes qui ont été en partie fuivies par les Romains, mais dans une fituation différente : ce que nous démontrons dans no- tre première leçon théorique & pra- tique du livre deThot ; dcn anîere.
(172)
avons-nous déjà dit ci-deflus , que l’on verra que les nombres étoient non-feulement une écriture cou- rante 5 mais formant par leur arran- gement une écriture cabaliftique